La Fin d’Oak Street ★☆☆☆

La famille Platt vit dans une banlieue américaine middle classe semblable à tant d’autres. Le père (Ewan McGregor) vient de perdre son mari et livre des pizzas en cachette de sa femme. La mère (Anne Hathaway) écrit en cachette de son mari une séparation qu’elle n’a pas le courage d’exécuter. Leurs deux enfants adolescents vivent dans la crainte du divorce de leurs parents.
C’est cette famille banale d’une banlieue banale qui va vivre une histoire incroyable : tout le quartier va être projeté dans le temps, des centaines de millions d’années en arrière, à l’époque des dinosaures.

Faut-il prendre ce blockbuster américain, sorti au cœur de l’été, qui a subi de plein fouet la concurrence de L’Odyssée et de Spider Man, au premier ou au second degré ?

Au premier degré, c’est un film familial – même si certaines scènes particulièrement sanglantes ont entraîné son classement PG13 aux Etats-Unis. Il a le parfum des films Amblin des années 80. D’ailleurs son action se situe en 1982, l’année même de la sortie d’E.T. et il est produit par J.J. Abrams, qui réclame l’héritage de Steven Spielberg. Ses effets spéciaux sont parfaitement léchés. Ses héros sont de ceux dans lesquels chacun.e pourra se reconnaître. Et son happy end prévisible rachètera les jump scares (littéralement sursaut de terreur) que son scénario rebondissant provoque.

Y a-t-il un second degré ? C’est le moins qu’on pouvait attendre d’un réalisateur aussi affûté que David Robert Mitchell, qui en 2014 avec It Follows avait dynamité les codes du film d’horreur, avait ensuite signé en 2018 le curieux Under the Silver Lake avant de connaître une longue traversée du désert. La Fin d’Oak Street dynamite-t-il les codes du film de dinosaures ? Pas sûr. Certes on peut, en cherchant bien, trouver ici ou là quelques clins d’œil transgressifs : ainsi de cette scène loufoque où nos deux héros tombent nez à nez, si j’ose dire, avec deux dinosaures… en plein coït. Ainsi aussi de la mort de l’un des personnages principaux dont on se dit qu’elle bat en brèche l’un des principes non écrits de Hollywood.

Mais hélas, ces rares audaces ne sauvent pas ce film banal de sa médiocrité. On tourne gentiment en rond pendant une heure trente jusqu’à ce que le scénariste, son parcmètre étant presque épuisé, décide de rendre les armes. Les dinosaures de Jurassic Park peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Leur ère n’est pas encore achevée.

La bande-annonce

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