
Après avoir dédaigné effectué le teste de dépistage du cancer colo-rectal, André Ricciardi se voit diagnostiqué à cinquante-deux ans un cancer de phase IV. Ce publicitaire californien iconoclaste décide de filmer les derniers mois de sa vie.
André est un idiot devrait être remboursé par la Sécu. Pour deux raisons au moins. La première : c’est une pub d’1h30 pour le dépistage du cancer colo-rectal. Chaque quinquagénaire de France et de Navarre aura reçu, aux alentours de son cinquantième anniversaire, une enveloppe rembourrée de l’Assurance-maladie l’invitant à lui envoyer, par retour de courrier, un échantillon de ses fèces. 30 % d’entre nous seulement effectuent ce test qui permet de dépister ce cancer à un stade précoce et de le traiter efficacement (un cancer colo-rectal de phase 1 est guéri dans 99 % des cas). Les autres, atteints de « paresse administrative », convaincus d’être immortels ou dégouttés à l’idée de déféquer dans une enveloppe, négligent ce dépistage. André Ricciardi fut de ceux-là…. et en est mort trois ans et demi plus tard.
La seconde : en filmant sa lutte contre le cancer, André Ricciardi nous livre une fantastique leçon de vie. Les stoïciens et les épicuriens prônaient deux stratégies radicalement opposées pour se préparer à la mort. Les premiers recommandaient d’y penser chaque jour, les seconds de n’y penser jamais. André Ricciardi en préconise une troisième : en rire.
Avec beaucoup d’auto-dérision, il rit de lui-même et de son « idiotie ». Cela commence dès le premier plan, qu’on découvre dans un éclat de rire… et une grimace de douleur. Et cela continue pendant la quasi-totalité du film jusqu’à son extrême fin où il faut peut-être, comme le psy d’André le lui recommande, accepter que la mort est une chose sérieuse. André est un comique-né. Tout pour lui est sujet à plaisanterie, y compris sa propre mort.
André Ricciardi nous dévoile, sans en rien cacher, la réalité crue d’une chimiothérapie, les nausées, l’amaigrissement et les cheveux qui tombent (et Dieu sait qu’il en avait beaucoup !). Il nous montre son corps décharné, ses traits creusés, cadavériques, son estomac gonflé. Les images sont dures, presque insoutenables. Il a la chance d’être formidablement entouré, par sa femme Janice dont il raconte les circonstances rocambolesques de son mariage, par ses deux filles adorables, par sa famille, par ses amis, mais aussi la conscience aiguë de la douleur que sa fin prochaine leur cause.
André is an idiot est une formidable leçon de vie, une formidable leçon de mort. Il nous enseigne que le rire et l’auto-dérision sont de formidables antidotes et que l’amour de ses proches est le plus puissant des remèdes. Si vous avez un cancer en phase terminale, ce film vous aidera peut-être ; si vous n’en avez pas (encore) un, il vous aidera certainement !