Le Passage ★☆☆☆

Amira (Yasmine Al Masri vue dans Palestine 36) travaille dans un hôpital à Chicago. Le soir de son anniversaire, elle se souvient. Plusieurs années plus tôt, alors qu’elle célébrait son anniversaire en famille, à Alep en Syrie, une bombe était tombée sur l’appartement de son père. Elle avait alors pris la décision de quitter immédiatement le pays avec sa fille. Sur le chemin qui devait la mener jusqu’aux Etats-Unis, elle croisa plusieurs personnes : un soldat qui l’aida au péril de sa vie à franchir la frontière, un passeur (Omar Sy), un poète et le capitaine d’une corvette de secours grecque.

Introduit par une citation de Shakespeare d’une troublante modernité sur les réfugiés et leur sort terrible, Le Passage raconte le parcours terrible d’une femme syrienne qui fuit son pays. Son suspense est en partie gâché par sa structure en flash-back : on sait dès la première image qu’Amira a atteint sa destination.

Le Passage est organisé en cinq chapitres, chacun se focalisant sur un personnage – il n’y avait manifestement sur l’affiche la place que pour quatre hélas. Cette structure kaléidoscopique est, par construction, très stimulante, qui change avec chaque personnage, la focale du récit. Mais, répétée cinq fois métronomiquement, elle devient à la longue un peu trop mécanique.

Omar Sy – qu’on n’avait plus vu sur grand écran depuis longtemps – y joue à contre-emploi le rôle d’un passeur cynique et brutal. Mal dirigé, on le sent mal à l’aise avec un rôle qui n’était pas fait pour lui. Un acteur avec un sourire pareil ne peut décidément pas jouer un méchant.

Le Passage est un film américain tourné fin 2023 qui, après avoir fait la tournée des festivals, a connu une sortie timide aux Etats-Unis puis en France. Ses mauvais résultats ont été loin d’équilibrer son budget. Après deux semaines d’exploitation en France, Le Passage a enregistré 63.000 entrées à peine. La faute à une actualité écrasée par la sortie, le même jour de L’Odyssée qui a attiré immédiatement des millions de spectateurs. La faute aussi aux défauts intrinsèques du Passage, trop démonstratif, trop manichéen.

La bande-annonce

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