Les Survivants du Che ★☆☆☆

Christophe Réveille raconte une histoire extraordinaire et méconnue : celle des compagnons du Che, qui après sa capture le 8 octobre 1967 dans un vallon perdu au fin fond de la jungle bolivienne, lui ont survécu, ont traversé le pays au nez et à la barbe (!) de l’armée bolivienne et ont réussi à regagner Cuba.

Les Survivants du Che a une immense qualité et un énorme défaut.

Il nous raconte une histoire exaltante. Certes, on sait depuis le début, puisqu’on les voit témoigner bien vivants plusieurs dizaines d’années plus tard que Benigno, Pombo et Urbano ont survécu. Le suspense qui s’attache à leur destinée en est diminué d’autant. Mais leur odyssée de 2400km contient suffisamment de rebondissements pour nous tenir en haleine. Elle m’a fait penser à l’évasion en 1941 d’un groupe de prisonniers du goulag soviétique et leur fuite à travers l’Himalaya portés à l’écran en 2010 par Peter Weir dans Les Chemins de la liberté.

Le problème est que cette histoire incroyable se déroule dans un contexte bien particulier : celui de la révolution mondiale initiée par Fidel Castro et son bras droit Che Guevara. Ce contexte là est à peine évoqué. Et, s’il l’est, aucune distance critique n’est établie. Au contraire, c’est l’image idéalisée d’un Che christique qui a consacré sa vie à la révolution et est mort en héros qui porte ce documentaire. Un peu de distance aurait été bienvenue. La lecture de la biographie de référence de Jon Lee Anderson ou celle du chapitre que Frederic Martel consacre au Che dans son dernier livre, Occidents, révèle les faces d’ombre de ce personnage trop idéalisé.

La bande-annonce

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