Heart of the Beast ★★☆☆

James Belmont (Brad Pitt) est un soldat retraité des forces spéciales. Il a combattu sur les théâtres d’opérations les plus meurtriers avec son chien Odin. Le maître et son chien jouissent à présent, en Alaska, d’une retraite bien méritée, zébrée par les séquelles d’un stress post-traumatique. James pilote un hydravion et aime à aller dormir dans des sites isolés.  Mais, en plein vol, il est un jour terrassé par une crise cardiaque ; son hydravion s’écrase dans un lac au milieu de nulle part ; James et Odin survivent par miracle au crash mais se retrouvent livrés à eux-mêmes au milieu de la forêt.

Prévenu à l’égard d’un film, qu’on croirait volontiers sponsorisé par la SPA, l’US Army, le fan club de Brad Pitt et l’office de tourisme de l’Alaska, celui qui n’a aucune action dans l’une des quatre entités susmentionnées se gardera d’aller le voir. Il aura tort. Car Heart of the Beast est nettement moins mauvais que son affiche, sa bande-annonce et son sujet laissent augurer.

Certes, il nous montre tout ce qu’on craignait d’y voir. D’abord une relation unique entre un homme et son chien, un berger allemand, ancien combattant, avec une patte artificielle et des crocs en titane, dont le jeu si expressif manque voler la vedette à la superstar Brad Pitt. N’allez pas voir ce film avec vos enfants ou vos petits-enfants ! Ils risquent immanquablement de vous traîner à la SPA à la sortie pour y adopter un ravissant chiot !

Ensuite, l’exaltation d’une virilité guerrière et testostéronée qui ravira les fachos en herbe, virilité d’autant plus touchante pour ne pas rebuter les gauchos qu’elle a été cabossée par la guerre. Il y a aussi un survivalisme qui ravira les écolos.

Brad Pitt a beau être plus vieux que Jean Castex (!), il est toujours aussi sexy en diable, couvert de tatouages, couturé de cicatrices, traces d’un passé que révèlent quelques rares flashbacks passablement impressionnistes. On admire la prestation de l’acteur qui a joué sans partenaire sinon avec Odin le chien. On se demande quel niveau de préparation avait ce chien exceptionnel, combien de prises il a fallu tourner jusqu’à avoir la bonne…. et ce que le beau Brad avait sur le visage pour qu’Odin le lèche aussi goulûment (ici, j’entends certain.e.s murmurer que le beau Brad n’a pas besoin d’avoir quoi que ce soit sur le visage pour qu’on le lèche goulûment !)

Enfin, il y a les splendeurs sauvages de l’Alaska …. que la production est allée filmer en Nouvelle-Zélande !

Mais trêve d’ironie ! je suis allé voir ce film sans conviction sinon celle qu’il serait mauvais et que j’en ferais une critique assassine dont je fourbissais déjà les flèches avant d’entrer dans la salle. J’avais tort. Car le film est, dans le genre parfaitement réussi. Un survival à la construction identique à celle des Contrebandiers qu’on a vu la semaine dernière avec, toutes les dix minutes du film, une terrible épreuve à laquelle les héros survivent de justesse : la traversée d’un pont vertigineux, la chute dans les eaux glacées d’un torrent déchaîné, l’attaque d’un ours ou d’une bande de loups, un orage diluvien, etc.

Mais Heart of the Beast a deux atouts que Les Contrebandiers n’avait pas. Premièrement : la relation entre James et Odin est profondément émouvante et touchera même ceux qui, comme moi, ont un cœur de pierre et n’ont jamais eu d’animaux de compagnie. Deuxièmement : une fin surprenante et profondément touchante qui rompt avec les canons hollywoodiens et qui arrachera une larme aux plus coriaces, moi inclus.

La bande-annonce