
Une actrice de cinéma tourne un nouveau film après une longue absence de douze années. La production a organisé pour elle une série d’interviews. Elle reçoit successivement trois jeunes journalistes dans un café .
Hong Sang-soo est de retour avec son 34e long-métrage en trente ans. Hong Sangsoo tournant environ deux films par an, j’en ai chroniqué près d’une vingtaine depuis que je tiens ce blog car j’ai le masochisme d’aller les voir tous. Mes critiques sont assez drôles à lire dans leur ordre chronologique – si ce n’est que je m’y répète beaucoup de l’une à l’autre : j’y oscille métronométriquement entre un abattement défaitiste et un sursaut d’indulgence. Comme si j’essayais de me persuader, sans doute influencé par les critiques laudatives de la presse autorisée, que les films de Hong Sangsoo valaient décidément mieux que ce que j’en pensais.
J’avais renoncé à critiquer son avant-dernier film, Ce que cette nature te dit, sorti en octobre dernier. Je suis quand même allé voir Le Jour de son retour, appâté par sa bande-annonce et la critique dithyrambique de Mathieu Macheret dans Le Monde. « Le Jour de son retour, dit-il, simple conversation autour d’une table, ne tient plus qu’à un fil. Mais ce fil, c’est l’équivalent du trait de Matisse, la ligne bouclée de Cocteau ou le filament de Calder : le geste nu qui permet d’embrasser une figure, de retracer toute une vie. » Diantre…
J’étais curieux de la répétition de ces trois interviews, des petites différences qui apparaîtraient de l’une à l’autre, des non-dits et des glissements qu’elles révèleraient. Hélas, ces trois scènes, filmées en trois interminables plans-séquence, m’ont semblé lourdement répétitives, sans qu’aucune progression ne s’y laisse deviner. Le comble de l’énervement est atteint avec une quatrième séquence qui s’étire interminablement durant laquelle, l’actrice, pour un cours de théâtre, rejoue avec une comédienne les scènes précédentes.
Il fut un temps où Hong Sangsoo avait l’élégance de faire des films d’une heure à peine. Leur brièveté excusait leur vacuité. Cette excuse a disparu.