
À Jacmel, une ville du sud de Haïti, une rue sépare un bordel d’une église. Dans le premier vit Marie-Madeleine ; la seconde est dirigée par le père Jacques. Son fils, Joseph, porte secours à la jeune femme le jour où elle est agressée. Une amitié est née.
Il y a cinq ans, Gesséca Généus avait réalisé un premier film, Freda, sélectionné dans la section Un certain regard à Cannes. Elle nous revient avec son second long, lui aussi sélectionné dans une section parallèle cannoise.
Elle y interprète le rôle principal, celui d’une prostituée au grand cœur qui aide Joseph à se libérer de l’emprise étouffante de son père et à accepter son homosexualité refoulée.
Le propos est intéressant. Il est courageux quand on sait la situation politique à Haïti, la difficulté à y tourner un film et l’homophobie systémique qui y a cours. Pour autant, il se noie dans un méli-mélo onirique, mélangeant au cinéma de la poésie, de la danse, de la musique, dont le résultat cacophonique et discordant devient passablement illisible. Sans doute, le désir de la réalisatrice de convoquer toutes les formes de l’art est-il louable ; mais la façon dont elle s’y prend pour le faire n’est pas concluante.