
Nicolas Trouvé alias Nico-là est un streamer devenu célèbre grâce aux courtes vidéos qu’il poste sur son compte TikTok aujourd’hui suivi par plus d’un million d’abonnés. Il est né en 1999 à Cavaillon d’un père inconnu dont l’absence le hante. Il décide de partir à sa recherche au Sénégal.
La même semaine que Quelques mots d’amour, dont l’héroïne adolescente fantasme un père qu’elle n’a jamais connu et qui refuse obstinément le moindre contact avec elle, sort ce documentaire autobiographique mettant en scène un célèbre (?) streamer que mon âge avancé me condamnait à ne pas connaître. Nicolas Trouvé s’est adjoint les services de la société de production Ascend d’un autre influenceur célèbre, Inoxtag. Le résultat a les qualités et les défauts des vlogs : pensée positive, montage dynamique, voix off…
Ce documentaire qui emprunte son titre au célèbre single de Stromae tisse deux fils. Le premier est celui d’une quête qui semble a priori impossible : comment retrouver, sans guère d’informations, un Moussa Fall dans un pays de quatorze millions d’habitants où ce patronyme est très répandu ? Le second se veut plus tragique : il est un message de résilience et d’espoir aux centaines de milliers d’enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) qui arrivent souvent cabossés à leur majorité : un SDF sur deux, nous dit le documentaire, est passé par l’ASE.
Ces deux fils-là s’avèrent bien pauvres. La quête de Nico au Sénégal coche tous les rebondissements qu’on aurait pu lui imaginer. L’évocation des traumas subis pendant sa petite enfance auprès d’un beau-père pédophile, par sa mère qui fut elle aussi abandonnée avant d’abandonner son fils et par tous les enfants confiés à l’ASE, pour déchirante qu’elle soit, n’évite pas l’écueil du misérabilisme.
Reste l’étonnante personnalité de Nico lui-même, sa rayonnante énergie, son inoxydable optimisme. On pourrait cyniquement s’en moquer. Elle n’en est pas moins contagieuse. Papa où t’es ? est un feel-good documentaire. Le lecteur fidèle sait les réserves que m’inspire ce genre. Pour autant, je serais bien scrogneugneu d’affirmer que ce feel-good là ne fait pas du bien.