Le Monde à l’endroit ★☆☆☆

La documentariste Sylvie Meyer rend compte du travail de Muriel Salmona, psychiatre spécialisée dans la prise en charge des violences sexuelles. Elle a isolé quatre dossiers et en a reconstitué le dispositif en mettant face à face le patient ou la patiente et son praticien. Dans les trois premières de ces quatre scènes m, le personnage de la psychiatre est interprété par trois actrices (qui ont elles-mêmes dans leurs histoires eu à connaître des épisodes violents) : Isilde Le Besco, Sandrine Bonnaire et Marianne Denicourt. Muriel Salmona n’apparaît que dans l’ultime épisode.

Le Monde à l’endroit a une vertu cardinale. Il met le doigt sur l’horreur longtemps tue des violences sexuelles pédophiles et les traumatismes au long cours qu’elles causent sur leurs victimes. Il en démonte méticuleusement les mécanismes désormais bien connus à travers quatre cas emblématiques : une mineure victime d’un prédateur rencontré sur un jeu en ligne, une sportive de haut niveau (la footballeuse Mélanie Plaza qui joue à visage découvert son propre rôle), un garçonnet et deux sœurs violées à tour de rôle pendant des années par leur père.

Malheureusement Le Monde à l’endroit a fait un pari qui s’avère raté : celui de faire endosser par des actrices le rôle de Muriel Salmona. On a beau connaître et aimer les trois actrices talentueuses, leur interprétation est creuse, artificielle, ainsi que celle de l’actrice recrutée dans la première scène pour jouer le rôle de la patiente. Les dialogues sonnent terriblement faux. Par contraste, le dernier épisode, où l’on voit enfin la vraie Muriel Salmona est criant de vérité.

La bande-annonce

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