
Gil (Mona Choukri) a rencontré il y a six ans à Dubaï Jacques (Niels Schneider), a eu le coup de foudre, est tombée rapidement enceinte et a accepté immédiatement sa demande en mariage. Une ravissante fillette est née et a commencé pour Gil une lente descente en enfer aux côtés d’un mari toxique, jaloux, qui l’a coupée de ses amis, de ses parents, de son travail et l’a soumise à un épuisant chantage émotionnel.
Sœur cadette d’Olivier Nakache, le réalisateur à succès, Géraldine Nakache a atteint la célébrité grâce à Tout ce qui brille, sorti en 2010, une comédie très juste qu’elle avait co-réalisée et où elle interprétait, aux côtés de Leïla Bekhti, le rôle d’une banlieusarde culottée. Le film faisait un tabac au box-office, attirant quelque 1.4 million de spectateurs. Depuis, elle poursuit mezza voce une carrière d’actrice (Toi non plus tu n’as rien vu, Le Cours de la vie, Paternel…) et de réalisatrice (J’irai où tu iras).
Si tu penses bien est un film parfaitement réussi sur l’emprise. Niels Schneider dans le rôle du parfait salaud, Mona Choukri dans le rôle de l’épouse lentement prise au piège reproduisent à la perfection ses mécanismes. La mise en scène est oppressante à souhait. Amateurs de feel-good-movie, passez votre chemin ! Elle est construite autour d’allers-retours dans le temps, scrupuleusement annoncés par des cartons, qui racontent la rencontre de Gil et Jacques, la naissance de leur fille. Elle est rythmée par les mikvé de Gil, le bain traditionnel que les femmes juives pratiquantes prennent pour se purifier de leurs règles avant de reprendre un commerce charnel avec leur époux.
Malgré ses qualités cinématographiques, l’excellence du jeu de ses deux acteurs, l’utilité du message salutaire qu’il porte, Si tu penses bien souffre d’un double défaut : celui de ressembler à un long spot gouvernemental de prévention des violences conjugales au long contenu programmatique et celui de traiter d’un sujet qui l’a été déjà mille fois au cinéma depuis Hantise de Hitchcock (qui a donné son nom à une forme de manipulation psychologique, le gaslighting), Kadosh d’Amos Gitaï jusqu’à tout récemment l’extraordinaire Jusqu’à la garde, un film 4-étoiles qui avait connu un succès critique et public légitime, L’Amour et les Forêts ou Elise sous emprise, passé inaperçu.