Shana ★☆☆☆

Shana (Eva Huault) voudrait bien faire. Mais son naturel explosif lui joue des tours. Elle a le don de se mettre dans des situations impossibles, pour s’embrouiller.

La bande-annonce de Shana était séduisante. Certes, le film qu’elle laissait escompter ne brillait pas par son originalité : des cagoles, on en a déjà filmé treize à la douzaine avec une particulière accélération ces dernières années (Shéhérazade, Diamant brut, Ma Frère….). Mais celle interprétée par Eva Huault, lèvres liposucées, tous seins dehors, kilos en trop crânement exhibés, s’annonçait particulièrement roborative.

Le film ne ressemble pas à sa bande-annonce. On me rétorquera que, trop souvent, un film est tout entier contenu dans sa bande-annonce qui en divulgâche les meilleurs moments. On n’aura pas tort. Mais, le cas est suffisamment rare pour être signalé.

Loin des filles-de-cité déjà si souvent filmées, Shana appartient en effet à une famille juive séfarade de la classe moyenne, très attachée aux traditions et aux rites : la famille se réunit pour célébrer le repas de Pessah, la demi-soeur de Shana prépare sa bat-mitzvah, sa mère aimerait qu’elle épouse un bon séfarade… et sa grand-mère lui dit de se méfier des Arabes ! Elle entretient avec sa mère (Noémie Lvovsky) des relations compliquées qui l’ont conduite à prendre ses cliques et ses claques dès sa majorité, à s’installer dans un petit appartement à Belleville et à se mettre en couple avec un bad boy, Moïse, dealer à la petite semaine qui multiplie les passages en prison.

L’écriture du scénario est étonnamment lâche. Rien ne se tient dans ce film qui valdingue de droite et de gauche. Un exemple : la rencontre, inutile, avec une serveuse à la fin du film. Il se termine par la scène photographiée sur l’affiche qui ouvre potentiellement sur une suite…. ou révèle plutôt l’incapacité du scénariste à clore son récit.

La bande-annonce

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