Des fleurs pour Tokyo ★☆☆☆

Un architecte-paysagiste donne la priorité à son travail sur sa famille. Il devient célèbre, signe l’un des espaces les plus célèbres de Tokyo dans le quartier de Shibuya. Mais ses enfants, son fils employé chez un fleuriste, sa fille sur le point de se marier, ne lui pardonnent pas son abandon.

Décidément l’actualité cinématographique japonaise est riche. Il ne se passe quasiment pas de semaine sans qu’un film japonais sorte sur les écrans français : Sous le ciel de Kyoto, L’Illusion de Yakushima, Le Dernier Vrai Samouraï, Mon grand frère et moi, La Fille du konbini… et j’ai eu la chance de voir en avant-première plusieurs films japonais dont la sortie est annoncée pour les semaines qui viennent : Soudain, Quelques jours à Nagi, De toutes les nuits les amants… Même si ces films sont différents les uns des autres, ils n’en produisent pas moins la même petite musique répétitive en évoquant souvent les mêmes thèmes : la famille, le passage à l’âge adulte, la difficulté de trouver sa place dans le monde…

Des Fleurs pour Tokyo s’inscrit dans ce paysage. Il commence par une longue introduction. Elle se situe dix ans et demi (pourquoi diable ce « demi » ?) avant le début de l’histoire résumée au début de ma critique. Dans cette longue scène introductive, Ren et Emi sont encore enfants, leurs parents sont encore mariés et cette famille encore unie est en route pour les vacances qu’elle va passer dans une belle maison au bord de la mer. Mais un appel téléphonique oblige le père, Hajime, à rentrer d’urgence à Tokyo où son travail l’appelle, au grand dam de son épouse dépressive qui ne supporte plus ses absences.

La suite de l’histoire se déroule donc dix ans « et demi » plus tard. Ren et Emi sont devenus adultes. Après la mort de leur mère, dont on comprendra qu’elle s’est suicidée, ils ont rompu tout contact avec leur père qui s’est un temps exilé à l’étranger avant de revenir au Japon. Le hasard d’une livraison d’orchidées réunira Ren et son père.

Présenté à la Quinzaine des cinéastes de Cannes l’an dernier, Des Fleurs pour Tokyo est le premier film d’une étonnante maturité d’un réalisateur âgé de vingt-quatre ans à peine, qui dédie son film à sa mère et à sa ville. C’est un film grave et triste qui louche parfois du côté du documentaire avec ses longs plans fixes du quartier ultramoderne de Shibuya au centre de Tokyo. Mais c’est un film trop long au scénario trop statique dans lequel les personnages, coincés dans leur incommunicabilité, n’évoluent pas. Son pas de côté dans le fantastique ne remédie pas à ces faiblesses.

La bande-annonce

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