
Nozomi a vingt-quatre ans. Elle travaille dans une supérette.
Le résumé que je viens de faire de La Fille du Konbini est volontairement concis. Parce que le film l’est tout autant : il dure une heure seize à peine – et aurait pu être amputé sans en rien altérer de ses dix dernières minutes. Ce film embrasse un parti pris revendiqué de minimalisme. Il ne s’y passe rien. Ou pas grand-chose.
On y apprend que Nozomi quelques mois plus tôt a quitté l’agence de publicité qui l’employait. Y a-t-elle fait un burn out à force d’enchaîner les heures sup’ ? Ou a-t-elle tout simplement quitté un travail qui ne lui convenait pas ? On n’en saura rien. Elle a caché la vérité à ses parents. Elle a pris un petit boulot alimentaire, un baïto, dans une supérette.
La Fille du Konbini raconte la renaissance d’une femme malheureuse qu’on voit durant la première scène à deux doigts de se jeter du haut d’un pont. Ce timide printemps n’a rien de soudain ni de miraculeux. C’est la conjonction de petits événements qui, cumulés les uns aux autres, redonnent à Nozomi la confiance qui l’avait abandonnée : les retrouvailles avec une amie de lycée perdue de vue, l’empathie d’un collègue de travail, le grain de folie d’une autre collègue….
La Fille du Konbini est peut-être un film d’une grande profondeur sur la pression sociale qu’on accepte ou pas, sur le sens qu’on entend donner à sa vie. Il peut rappeler Perfect Days de Wim Wenders, l’histoire quasiment muette de ce laveur de toilettes sexagénaire et philosophe. Mais c’est une film qui, à force de modestie, finit par s’auto-dissoudre. Sur un sujet aussi grave, le risque était de chausser des semelles de plomb, d’enfoncer des portes ouvertes, d’accumuler des lieux communs. À force de vouloir éviter ces écueils, La Fille du Konbini sombre dans le défaut inverse : l’inanité. À force de pudeur, La Fille du Konbini devient invisible.