
Carlobianchi et Doriano, deux soûlographes dans la cinquantaine, roulent à travers la Vénétie d’un bar à l’autre. Leur route croise celle de Giulio, un jeune étudiant en architecture.
Le Dernier pour la route est le titre d’un film que j’avais adoré, sorti à la fin des années 2000, inspiré de l’autobiographie du rédacteur en chef de Paris Match guéri de son alcoolisme par une cure de désintoxication. Ce film avait relancé la carrière à l’arrêt de François Cluzel et de Mélanie Thierry. Je ne sais pas ce qui est passé dans la tête des distributeurs français pour utiliser le même titre et traduire ainsi Le Città Di Pianura (littéralement « Les Cités de la plaine »).
Projeté à Cannes l’an dernier dans la section « Un certain regard », le film a connu un grand succès en Italie. Il a reçu pas moins de seize nominations aux David, l’équivalent des César français – même si La grazia est donné vainqueur pour le David du meilleur film. J’avoue ne pas comprendre un tel succès.
Tout m’a déplu et m’a fait bâiller d’ennui dans ce film, qui se réclame des mânes de Kaurismäki et de Jarmusch. Ses décors d’une repoussante laideur, comme si préférer filmer les banlieues anomiques de Trévise aux palais et aux canaux de Venise constituait un geste artistique transgressif. Ses personnages sans relief – à quoi sert d’avoir deux héros si rien dans leurs actions ou dans leur psychologie ne les distingue ? Son scénario poussif qui tourne en rond, qui a pour seul enjeu le retour d’Argentine d’un ami du duo et finalement ne mène nulle part.
Il y a quelque temps déjà Peter Greenway nous étourdissait par la magnificence de ses films, on en ressortait groggy par le (trop ?) plein de beauté. A l’opposé de ce spectre, il y a ce film d’une laideur sans nom qui nous laisse pareillement sonné. Ça ne peut être qu’un parti-pris, le but est de nous donner la nausée. Et ça marche, je suis sorti en cours de séance avec la gueule de bois. Epargnez-vous l’épreuve de suivre ces 3 ivrognes répugnants divaguant sans but. Sérieux postulant pour le prix de la Daube de l’année. Il sera dur à détrôner.
Je serais moins sévère que vous… ais bien d’accord pour reconnaître qu’on est loin des chefs d’œuvre de Greenaway !