L’Evénement ★★★★

Au début des années soixante, dans une université de province, Anne (Anamaria Vartolomei) suit des études de lettres pour s’affranchir du milieu populaire dont elle est issue et pour réaliser un rêve : l’écriture. Elle vit l’existence banale des jeunes filles de son âge : la succession des cours, la sororité de ses voisines de Cité U, quelques flirts plus ou moins poussés…
La vie d’Anne bascule lorsqu’elle découvre sa grossesse. Sa réaction est immédiate : elle avortera. Mais comment faire ?

Annie Ernaux – qui fait la couverture de Télérama cette semaine – est décidément à la mode. Après Passion simple l’été dernier, adapté d’un court récit autobiographique publié en 1992, après J’ai aimé vivre là, où le documentariste Régis Sauder la filme à Cergy-Pontoise, où elle s’est installée depuis une quarantaine d’années, voici L’Evénement, adapté d’un récit tout aussi court et tout aussi autobiographique, publié en 2000. L’écrivaine y revenait sur un « événement » fondateur dans sa vie : l’avortement clandestin qu’elle avait subi en 1963 alors qu’elle suivant des études de lettres à Rouen.

L’Evénement est un récit profondément personnel qui raconte, en une centaine de pages à peine, un drame intime. L’écriture d’Annie Ernaux est blanche, dénuée de tout psychologisme. L’auteure raconte, près de quarante ans après les faits, les démarches qu’elle avait entreprises pour mettre en oeuvre son projet : l’indifférence embarrassée du père de l’enfant qui la renvoie à sa propre solitude, l’impossibilité de se confier à ses parents, les visites médicales auprès de docteurs franchement hostiles à l’avortement ou trop peureux pour y être associés, les amis sollicités sans succès et finalement la faiseuse d’anges et la terreur qu’inspire le dénuement de son appartement et les instruments qu’elle utilisera pour fouiller sa chair.

Mais aussi personnel soit-il, L’Evenement est un récit universel. Mieux que de longs discours, il raconte l’angoisse et la honte qu’une grossesse non désirée fait naître dans un temps et dans un lieu où l’interruption volontaire de grossesse n’existe pas – ou n’existe pas encore. Il nous fait ressentir avec une force inédite le traumatisme qu’elle provoque, la peur qu’elle suscite. Peur sociale d’être démasquée et de passer à tout jamais pour une « salope ». Peur physique face aux gestes auxquels il faudra procéder, seule dans sa chambre d’étudiante ou dans l’appartement de la faiseuse d’anges, face à la douleur et face aux risques de complication.

C’est l’ensemble de ces émotions que l’adaptation d’Audrey Diwan (dont le premier film, Mais vous êtes fous, avait laissé augurer le talent) restitue. Elle y parvient grâce à un respect scrupuleux du texte et à un procédé très efficace : suivre à chaque pas l’héroïne, la filmer par-dessus son épaule dans ses allers-retours ou en gros plan très serré pour capter sa fébrilité et son angoisse qui monte. Son film est tendu comme un arc, sec comme une trique. Il ne connaît pas un instant de répit. La tension culmine pendant l’avortement proprement dit. Pas un bruit dans la salle, pourtant comble. Chaque spectateur, homme ou femme, retient sa respiration et partage avec la jeune Anne l’angoisse et la peur qui la submergent.

Le succès de L’Evénement doit beaucoup à son interprète principale. On avait déjà repéré la jeune franco-roumaine Anamaria Vartolomei. On l’avait vue à onze ans à peine interpréter la fille d’Isabelle Huppert (sic) dans My Little Princess, puis tenir des rôles secondaires dans Le Semeur, L’Echange des princesses, Just Kids, La Bonne Épouse… Son talent explose dans L’Evénement. Une star est née.

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Tre Piani ★★★☆

Trois familles dysfonctionnelles habitent les trois étages d’un immeuble de rapport en Italie.
Lucio (Riccardo Scamarcio) est rongé par le soupçon que sa fillette Francesca a été abusée par son voisin Renato, un sympathique grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer.
Monica (Alba Rohrwarcher) accouche seule, loin de son mari parti travailler à l’étranger, et craint de sombrer dans la folie qui a englouti sa propre mère après sa naissance.
Vittorio (Nanni Moretti) et Dora (Margherita Buy) sont tous deux magistrats. Ils ont raté l’éducation de leur fils qui se livre aux pires excès jusqu’à faucher, une nuit d’ivresse, un piéton sur un passage clouté.

L’Espagne a Pedro Almodovar, l’Angleterre Ken Loach, le Danemark Lars Von Trier et l’Italie Nanni Moretti. Bien sûr la phrase qui précède est très contestable et provoquera des haussements de sourcils et des propositions d’amendement. Mais, accordez-moi que si l’on vous demande à brûle-pourpoint de citer un réalisateur italien contemporain, c’est le nom de Moretti qui vous viendra en premier à l’esprit – ou bien, si vous voulez à tout prix me donner tort, ceux de Benigni, Bellocchio ou Sorrentino.

Nanni Moretti tourne des films depuis plus de quarante ans. À près de soixante-dix ans, il reste l’éternel jeune homme du cinéma italien. Il a reçu la Palme d’Or à Cannes en 2001 pour La Chambre du fils et une palanquée de Davids, l’équivalent des Césars.

Après s’être fait la conscience de la gauche italienne, notamment en multipliant les charges contre Berlusconi et ses dérives populistes, son cinéma est devenu depuis quelques années moins politique et plus intimiste. Je n’avais pas été entièrement convaincu par Mia Madre qui avait été pourtant encensé par la critique en 2016. J’ai au contraire été emballé par ce Tre Piani auquel elle a réservé un accueil plus froid.

J’en ai surtout aimé la fluidité de son récit. Je viens de faire la même remarque devant Les Olympiades dont la structure est similaire. Moretti comme Audiard réussissent avec une grande économie de moyens à entrelacer trois récits et à inscrire ces histoires dans le temps long : un an chez Audiard, dix ans chez Moretti en trois actes successifs. Pas de flashbacks compliqués comme des réalisateurs plus jeunes et moins sûrs de leur art aiment à en multiplier l’utilisation. Un récit platement chronologique et pour autant diablement prenant qui ne laisse aucun temps mort et réserve quelques belles surprises.

Le propos de Tre Piani n’est pas gai. Nanni Moretti ne se donne pas le beau rôle en interprétant un haut magistrat droit dans ses bottes qui a gâché sa relation avec son fils et avec sa femme à force de rectitude morale.
Alba Rohrwacher est, comme d’habitude, parfaite dans un rôle qu’elle affectionne : celui d’une jeune mère gentiment perchée.
Mais c’est l’histoire qui a Riccardo Scamarcio pour héros qui est la plus complexe et la plus intéressante. Son thème  est scabreux : l’agression sexuelle sur mineurs. Celle dont la fille de Lucio a été victime (ou pas). Celle dont Lucio se rendra bientôt coupable (ou pas).

Je n’ai pas toujours aimé le Nanni Moretti des années 90 que je trouvais trop bavard, trop égocentrique, trop hypocondriaque. Je suis en train de lui préférer le personnage plus sombre, plus grave, plus amer qu’il est devenu au crépuscule de sa vie. Ce n’est pas bon signe….

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La Fracture ★★★☆

Des dizaines de patients attendent, une nuit de décembre 2018, au service des urgences de l’hôpital Lariboisière à Paris, après une manifestation des Gilets Jaunes. Parmi eux, Raf (Valeria Bruni-Tedeschi), la quarantaine, une dessinatrice en pleine crise conjugale avec son épouse Julie (Marina Foïs) qui tremble pour son fils Kevin, parti manifester et dont elle est sans nouvelles. Yann (Pio Marmaï), un routier nîmois en colère, monté à Paris pour manifester, dont la jambe a été blessée par une grenade de désencerclement. Et Kim (Aïssatou Diallo Sagna) qui enchaîne sa sixième nuit de garde, alors même que sa fille est malade, et qui tente avec toute la bonne volonté du monde et des moyens cruellement insuffisants, d’accueillir et de soulager la douleur des patients.

Catherine Corsini, figure installée de l’establishment cinématographique, réalisatrice notamment de Un amour impossible, adapté de Christine Angot, et La Belle Saison, mon coup de cœur de l’année 2016, s’attaque à un sujet casse-gueule et ouvertement politique. Son titre au singulier qui, au premier degré, évoque la fracture du coude qui conduit Raf à l’hôpital, est en fait pluriel. La fracture dont elle parle est triple.
Premièrement, fracture dans le couple. Le film raconte la crise conjugale de deux femmes qui vivent ensemble depuis dix ans. L’hystérie de chaque instant de Raf a achevé d’éloigner Julie qui souhaite rompre et déménager. Hantée par la peur de l’abandon, hyper-possessive, Raf ne l’accepte pas et invente tous les prétextes pour retenir Julie.
Deuxièmement, fracture dans la société. C’est la crise des Gilets Jaunes bien sûr qui est évoquée à travers le personnage de Yann, bouillant de rage et de colère, contre une vie de petits boulots, un salaire de misère et le sentiment humiliant de n’être ni écouté ni respecté.
Troisièmement, fracture à l’hôpital. Un service public gratuit où l’on soigne tous les malades sans considération de son statut. Mais un service public menacé par le manque de moyens et les cadences infernales.

La barque aurait pu être lourde et La Fracture sombrer. Tel est d’ailleurs l’avis de quelques amis particulièrement critiques avec ce film. Tel n’est pas le mien.
J’ai au contraire particulièrement goûté la fluidité de l’écriture de ce scénario qui maintient le rythme et l’intérêt sans temps mort. Unité de temps, unité de lieu, unité d’action : après un court prologue, tout se passe entre les quatre murs de l’hôpital bientôt assiégé par les forces de l’ordre qui veulent y poursuivre les Gilets jaunes qui y ont reflué.

Outre la qualité de son écriture, le principal atout de La Fracture est dans son interprétation. Avec une double mention pour Valeria Bruni-Tedeschi et Pio Marmaï. Le registre de la première n’est pas nouveau : l’hystérie ; mais elle l’interprète avec un tel talent qu’on ne peut qu’applaudir à sa prestation. Pio Marmaï lui aussi ne sort guère de sa zone de confort : celle du chien fou à la Dewaere ; mais là encore, il y est excellent.

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Les Olympiades ★★★★

De nos jours, dans le quartier des Olympiades, à Paris 13ème, quatre jeunes gens se croisent, se séduisent, s’aiment, se quittent, se retrouvent….
Emilie (Lucie Zhang) cherche à s’émanciper d’une famille chinoise étouffante. Son diplôme de Sciences po en poche elle s’est installée dans l’appartement de sa grand-mère, internée en EHPAD, et a trouvé un emploi sous-qualifiée de télévendeuse.
Camille (Makita Samba) a répondu à l’annonce passée par Emilie pour devenir son colocataire. Professeur de français dans un lycée du quartier, il prépare mollement l’agrégation. Il séduit instantanément Emilie qui couche avec lui et en tombe amoureuse ; mais il refuse de s’engager dans cette relation.
Nora (Noémie Merlant) est une jeune provinciale récemment arrivée à Paris pour y reprendre des études de droit après une première expérience professionnelle dans l’immobilier. Ses camarades de fac croient reconnaître en elle Amber Sweet (Jehnny Beth), une star du porno. Elle quitte la fac et rencontre Camille qui, pendant l’année de césure que l’Education nationale lui a accordée pour préparer l’agrégation, a repris l’agence immobilière d’un cousin.

Jacques Audiard est peut-être l’un des plus grands réalisateurs français – certains disent même mondiaux – contemporains. Palme d’or en 2015 pour Dheepan, il a eu trois fois le César du meilleur réalisateur pour De battre mon cœur s’est arrêté, Un prophète et Les Frères Sister. Le film que j’ai préféré de lui est peut-être De rouille et d’os, l’adaptation d’une série de nouvelles de l’écrivain canadien Craig Davidson. J’en ai retrouvé la structure dans Les Olympiades qui adapte trois nouvelles graphiques du bédéiste américain Adrian Tomine.

Avec une extrême fluidité, Jacques Audiard et ses co-scénaristes Céline Sciamma et Léa Mysius entrelacent trois récits. Le résultat est beaucoup plus réussi que The French Dispatch, construit sur un principe similaire mais où les trois histoires racontées n’avaient entre elles aucun rapport.

Cette fluidité dans le récit est la première qualité des Olympiades. Mais c’est loin d’être la seule.

Le film est d’une étonnante fraîcheur. D’autant plus étonnante que le réalisateur qui le signe a près de soixante-dix ans. Cette fraîcheur, il la doit à ses trois interprètes principaux. On connaissait déjà Noémie Merlant, notamment mais pas seulement pour son rôle dans Portrait de la jeune fille en feu. On la reverra bientôt dans A Good Man dans le rôle d’une mère transgenre (sic) sous la direction de Marie-Castille Mention-Schaar. Lucie Zhang est la révélation du film. Âgée de vingt ans à peine, elle incarne Emilie et toutes les contradictions des jeunes femmes d’aujourd’hui : le désir de rompre avec sa famille et un profond attachement à sa grand-mère en fin de vie, les difficultés à trouver un métier qui satisfasse ses aspirations et un logement qui corresponde à son budget, une liberté sexuelle qui ne va pas toujours de pair avec les attachements du cœur.
Makita Samba enfin. Un acteur follement sexy, à la grâce féline, qui m’a rappelé John David Washington (le héros de Tenet) et André Holland (celui de la série The Eddy). J’ai adoré l’intonation de sa voix. Et j’ai aimé que le personnage qu’il interprète ne se définisse pas par la couleur de sa peau et aurait pu tout aussi bien, sans changer une ligne au script, être interprété par un Blanc.

Dans un registre qui n’était pas le sien jusqu’alors, et qui n’est pas sans rappeler la Nouvelle Vague et l’oeuvre de Rohmer, Audiard dissèque les émois amoureux des vingtenaires d’aujourd’hui. Il parle de sexe et n’hésite pas à le montrer – les scènes très crues auraient peut-être justifié une interdiction aux moins de douze ans. Il parle surtout d’amour avec un romantisme étonnant. Il se clôt par deux scènes portées par la grâce, dont le souvenir m’accompagnera longtemps.

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Seize printemps ★★★☆

Suzanne a seize ans et Suzanne s’ennuie. Elle vit à Paris avec ses parents et sa sœur cadette dans un appartement cossu d’un immeuble bourgeois sur la butte Montmartre. De ses camarades, elle ne partage ni les joies ni les peines.
Son cœur s’emballe en croisant, sur le chemin du lycée, devant le théâtre de l’Athénée, un acteur. Arnaud a le double de son âge. Entre la jeune fille et le bel acteur, le coup de foudre est immédiat et réciproque.

Il y a deux façons de critiquer le premier film de Suzanne Lindon. Une très méchante et l’autre très gentille.

La très méchante se moquera du sujet archi-rebattu de ce film. Les émois d’une jeune fille en fleurs ont en effet déjà été filmés sous toutes les coutures : Bonjour tristesse (Suzanne partage avec Cécile, l’héroïne du roman de Sagan adapté par Preminger, une maturité curieuse), La Boum (elle est comme Vic une adolescente rieuse élevée dans un milieu aimant), Diabolo menthe (Suzanne consomme avec un charme désuet des diabolos grenadine), À nos amours (Dominique Besnehard, qui joue un second rôle dans Seize printemps, y faisait ses débuts d’acteur et Suzanne en conserve dans sa chambre un poster), L’Effrontée (avec Charlotte Gainsbourg, une autre enfant de stars)… la liste est longue et cette généalogie pesante à qui prétendrait y ajouter sa trace.

Le critique malveillant évoquera une autre généalogie : celle de la réalisatrice, fille de Vincent Lindon et de Sandrine Kimberlain, dont elle a hérité de la silhouette interminable et de la démarche girafique. Son film aurait-il pu être financé, tourné, sélectionné à Cannes en 2020, distribué en salles, si quelques bonnes fées ne s’étaient pas penchées sur son berceau, s’interrogera-t-il fielleusement. Et le critique malveillant de pointer, au surplus, le contrat qui unit la jeune actrice-réalisatrice à Chanel dont elle porte avec une élégante décontraction les dernières créations streetwear.

Le critique bienveillant avait bien sûr cette généalogie en tête en entrant dans la salle. Mais il ne l’a pas laissé hypothéquer l’opinion qu’il était en train de se faire du film qu’il regardait. Bien sûr, s’il avait été raté, il en aurait fait un argument à charge supplémentaire pour l’assassiner. Mais, que diable ! On a le droit d’être fils ou fille de stars ET d’avoir du talent !

Tel est le cas de Suzanne Lindon dont le film m’a touché.
Certes, son sujet n’est guère innovant sinon passablement casse-gueule. mais la façon dont elle le traite est juste et sensible.
Il n’y a rien de gras dans ce film de soixante-quatorze minutes à peine. Aucun rebond dramatique, aucune tension familiale. On est loin de Pialat et de ses hystéries à huis clos. Car Suzanne est une fille équilibrée. Elle entretient avec ses parents une relation confiante et complice. Elle sort de l’enfance et vit ses premiers émois amoureux avec un mélange terriblement contemporain d’ingénuité et de maturité.
Suzanne Lindon se concentre sur son sujet et le traite sans s’en écarter, au risque assumé de l’insignifiance. Elle le fait en usant d’un artifice charmant : celui de la comédie musicale avec l’insertion de trois chorégraphies très réussies. Seule ou en duo, Suzanne Lindon y danse sur la musique de Christophe ou de celle, bouleversante, du Stabat Mater de Vivaldi. C’est encore elle qu’on entend chanter le générique de fin sur une musique originale de Vincent Delerm.

Rempli de préjugés en rentrant dans la salle, j’en suis ressorti charmé et transporté par la grâce de ce film touchant qui a ressuscité le vert paradis de mes amours enfantines.

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The Father ★★★★

Anthony (Anthony Hopkins) est un vieil homme au crépuscule de sa vie. Il vit seul dans son grand appartement londonien. Sa fille Anne (Olivia Colman) passe régulièrement lui rendre visite car sa condition se dégrade rapidement. Anthony est en effet atteint par la maladie d’Alzheimer qui le rend chaque jour plus confus. Anne doit lui annoncer la décision qu’elle vient de prendre : ayant rencontré un nouveau compagnon, elle a choisi de le suivre à Paris, l’obligeant à placer son père en institution.

The Father arrive sur nos écrans précédé d’une réputation élogieuse. Il s’agit de l’adaptation de la pièce à succès de Florian Zeller, créée à Paris en 2012 avec Robert Hirsch, déjà auréolée d’un succès planétaire. Son créateur a réalisé lui-même son adaptation cinématographique qu’il est allé tourner à Londres. Bien que le film ne soit pas sorti en salles en 2020, il a obtenu six nominations aux Oscars et en a remporté deux : le prix du meilleur acteur pour Anthony Hopkins et celui de la meilleure adaptation pour Florian Zeller et Christopher Hampton (l’immense scénariste britannique qui avait déjà signé notamment les scénarios des Liaisons dangereuses, de Carrington, de Reviens-moi ou de Perfect Mothers).

Ces éloges sont amplement mérités. On aurait pu redouter qu’ils parasitent la réception de ce film, que les attentes qu’ils auraient suscitées soient déçues, qu’il s’agisse en particulier d’un énième film tire-larmiste sur Alzheimer et les dégâts que cette maladie terrible cause, après Floride, Se souvenir des belles choses, Remember Me, Loin d’elle (un des films les plus bouleversants que j’aie jamais vu, adapté d’une courte nouvelle du prix Nobel Alice Munro), le dessin animé espagnol, remarquable de justesse La Tête en l’air, Still Alice qui valut à Julianne Moore un Oscar de la meilleure actrice en 2015, Les Plus Belles Années d’une vie, le dernier – et oubliable – Lelouch en date…. On pense aussi – même si je ne me souviens plus si son héroïne souffrait de cette maladie – à Amour, le chef d’oeuvre étouffant de Michael Hanneke et à Falling de Viggo Mortensen dont la sortie la semaine dernière vient percuter celle de The Father cette semaine.

Pourtant, le propos de The Father est sans surprise. Le résumé que j’en ai fait, comme ceux qu’on en lit, partout, aurait peut-être pu laisser augurer un de ces films hollywoodiens au twist improbable : Anthony ne souffrirait pas d’Alzheimer mais serait la victime innocente de sa fille, moins aimante qu’il n’y paraît, manipulée par un époux machiavélique (Rufus Sewell, le héros de la série Le Maître du haut chateau) pour faire passer son père pour fou et le chasser de son appartement. Il n’en est rien et c’est tant mieux : son sujet, son seul sujet est bien Alzheimer et la confusion que cause cette terrible maladie dégénérative aux ressorts médicaux encore inconnus.

Comment la filmer ? C’est là que Florian Zeller fait preuve de génie. Il aurait pu nous montrer, comme on s’était préparé à le voir et comme l’affiche un peu gnangnan du film nous l’avait laissé escompter, un face-à-face : d’un côté, Anthony Hopkins en chêne-qu’on-abat, figure emblématique du vieil homme digne que la maladie lentement fissure ; de l’autre Olivia Colman (qui fut si parfaite dans The Crown que je n’arrive plus à la regarder sans voir Elizabeth II et esquisser une révérence) en incarnation de l’amour filial sacrificiel, condamné par avance à échouer à enrayer la progression du mal.

il y a de ça bien sûr dans The Father. Mais il y a surtout autre chose. Florian Zeller ne se contente pas de montrer Alzheimer ; il la filme de l’intérieur en se glissant dans le cerveau dérangé d’Anthony. Comment fait-il ? En nous montrant la réalité distordue que son cerveau fabrique.
Dans un livre, le procédé est courant et facile. On peut écrire : « Ce matin, il rasa sa moustache » sans pour autant être absolument certain que le héros ait réellement rasé ladite moustache ou que, au contraire, comme d’ailleurs ses proches vont le lui dire toute la journée et les jours suivants, il ait imaginé dans son esprit confus avoir rasé une moustache qu’il n’avait jamais portée.
Au cinéma, le procédé semble a priori impossible : si on voit le héros se raser sa moustache, c’est, sans l’ombre d’un doute possible, qu’il en avait une.
Sauf si…. sauf si l’image que l’on voit n’est pas réelle mais produite par l’esprit du personnage. Tel est précisément le procédé, qui flirte avec le fantastique polanskien, que Zeller utilise dans The Father ouvrant sous les pieds de Anthony – et sous ceux des spectateurs époustouflés qui l’accompagnent dans sa chute – un abîme et un abyme.
L’abime, c’est le vertige qu’éprouve le héros devant son état dégradé. Une réalité que le film nous fait toucher du doigt et nous fait partager jusqu’à son ultime scène qui se voudrait la plus déchirante – même si j’y vois le seul point faible du film.
La mise en abyme, c’est le récit déstructuré d’un temps dilaté où les temporalités se confondent et se superposent, où les lieux se ressemblent et se rassemblent, où les personnages intervertissent leur rôle. L’épisode le plus magistral, celui qu’on montrera dans les écoles de cinéma, étant cette discussion autour de la table du repas auquel Anthony assiste – ou croit assister – dont les derniers mots sont les échos vertigineux des premiers.

Bien sûr, on m’opposera que The Father n’est pas bien gai, qu’en ces jours de déconfinement, on n’a pas envie de s’enfermer dans un appartement londonien, aussi cossu soit-il, en compagnie d’un vieillard malade, même s’il est interprété par le cannibale du Silence des agneaux ou le majordome de Les Vestiges du jour. Dont acte. Mais qui a dit que le cinéma devait être gai ?

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The Man in the High Castle ★★★★

1962. Grâce à la maîtrise de l’atome, le Troisième Reich a rayé de la carte Washington Dc et gagné la Seconde guerre mondiale. Les Etats-Unis, dûment aryanisés, sont désormais divisés en trois territoires. L’Allemagne occupe l’Est ; le Japon dirige l’Ouest ; une zone tampon sépare les deux protectorats. Tandis qu’Adolf Hitler se meurt, laissant augurer une succession délicate, les relations entre le Reich et l’Empire nippon se tendent au point de faire redouter un troisième conflit mondial.
À San Francisco, Juliana Crain (Alexa Davalos) rejoint la Résistance et réussit à infiltrer les cercles de pouvoir japonais. À New York, Joe Smith (Rufus Sewell), un ancien officier américain, gravit un à un les échelons de la SS, quitte à mettre en péril sa famille. Le destin de ces personnages va se croiser autour de mystérieux films qui circulent sous le manteau et qui révèlent l’impensable : l’Allemagne n’aurait pas gagné la guerre.

Le Maître du haut château est une série à grands moyens, produite par Ridley Scott, dont Amazon a abondamment fait la publicité pour renforcer l’attractivité de sa plateforme Prime Video. Elle a été diffusée en quatre saisons de dix épisodes chacune en 2015, 2016, 2018 et 2019.

La série est basée sur le livre de Philip K. Dick. Elle part du même point de départ : que se serait-il passé si Hitler avait gagné la guerre ? L’uchronie est folle. Elle est géniale. D’autres que Dick s’en sont saisis après lui : Robert Harris et son polar Fatherland par exemple.

Quand un livre est porté à l’écran , on le considère très souvent meilleur que son adaptation. Parce que ses lecteurs s’en étaient fait une image différente que celle que leur offre a posteriori son passage à l’écran. Parce que le livre contient des détails que le film, plus bref, ne restitue pas dans toute leur complexité.
Tel n’est pas le cas selon moi du Maître du haut château. J’ai conscience en l’affirmant d’émettre une opinion qui ne sera pas partagée par tous. Car Philip K. Dick est unanimement tenu comme l’un des plus grands auteurs de SF et que son livre est culte. Pourtant je dois avouer avoir préféré de beaucoup la série au livre.

Pourquoi ?
Parce que le livre, beaucoup trop court, se contente de lancer une idée, certes géniale (ce fameux « et si…. ? ») sans en tirer toutes les conséquences. D’ailleurs Philip K. Dick n’a pas réussi à y mettre un point final, s’essayant à plusieurs reprises sans jamais y parvenir à en écrire la suite. Son action se déroule presqu’exclusivement à San Francisco. L’admiration que voue Dick aux philosophies orientales y transpire : il y est question, dans de longs passages ésotériques peut-être écrits sous influence, du Yi King.

La série reprend ces éléments et les enrichit. On retrouve certes, comme dans le livre, les personnages de Juliana Crain, de Robert Childan, cet esthète qui tient une boutique d’antiquités américaines et qui rêverait d’être intégré à la haute société japonaise qu’il révère, de Frank Frink, un manœuvre qui s’associera à Childan pour fabriquer des faux bijoux….
Mais la série crée de toutes pièces les personnages de John Smith, de sa femme et de ses enfants et de l’inspecteur Kido, le chef de la Kempetaï japonaise dans les États du Pacifique. Il invente une Résistance qui n’existait pas dans le livre. Et – idée de génie – il remplace le livre du maître du haut château par une série de films que cet ancien projectionniste rassemble patiemment et diffuse clandestinement pour instiller l’esprit de révolte.

L’uchronie autour de laquelle la série comme le film sont construits est en elle-même très riche. On y voit une Californie sous occupation japonaise, un New York où la SS occupe un immense building sur l’East River et où les autorités du Reich vont dynamiter la Statue de la Liberté. On y voit aussi Berlin devenue la capitale du monde, métamorphosée par les travaux grandioses de Speer.

À cette uchronie, déjà très excitante, s’ajoute un second thème, typiquement dickien : l’existence d’univers parallèles. Les films que diffuse la Résistance en sont un indice : à côté de ce monde, qui a vu la victoire de l’Axe, existent d’autres mondes où l’Axe a été vaincu. Certains personnages ont la capacité de voyager d’un monde à l’autre. C’est le cas de Tagomi, un haut responsable japonais.
Cette voie est à peine esquissée dans le livre. La série, au contraire, en fait progressivement son sujet principal. La narration en est enrichie, qui multiplie les allers-retours entre les deux univers. Mais les personnages le sont tout autant, qui sont confrontés à des questions métaphysiques : sont-ils le résultat de leurs choix ? ou celui de leur destin ? À cette aune, le personnage le plus intéressant de la série est l’Obergruppenführer Smith, impeccablement interprété par Rufus Sewell qui donne à ce rôle de méchant qui aurait pu aisément verser dans la caricature une épaisseur troublante. Beaucoup moins ambigüe s’avère en revanche l’héroïne Juliana Crain dont la seule qualité semble être de survivre miraculeusement à toutes les péripéties dans lesquelles elle est impliquée.

La série a une dernière qualité. Elle se termine – même si son quarantième épisode n’est pas le meilleur. On a tellement vu de séries dont l’épilogue nous frustre d’un dénouement, pour laisser ouverte la possibilité d’une saison supplémentaire, qu’on apprécie pour une fois qu’une histoire ait un point final.

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Le Feu sacré ★★★☆

Ascoval est une aciérie du nord de la France placée en redressement judiciaire fin 2017 qui, grâce au soutien de l’État, a disposé de douze mois pour trouver un repreneur. Le documentariste Eric Guéret a filmé cet angoissant compte à rebours.

Des documentaires sur des usines au bord du dépôt de bilan et sur des ouvriers en grève, on en a déjà vu quelques uns : La Saga des Conti en 2013,  Des Bobines et des Hommes en 2017. On a surtout vu un film exceptionnel qui avait été accueilli avec un succès mérité : En guerre de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon dans le rôle d’un syndicaliste CGT poussé à bout.

Pour autant, Le Feu sacré – qui aurait pu tout aussi bien s’intituler Dur comme fer – parvient à nous surprendre par un scénario plus rebondissant que ne l’aurait été la plus rebondissante des fictions. Fermera , fermera pas ? Jusqu’à l’ultime seconde, le suspense est maintenu. Et n’allez pas le gâcher en suscitant votre mémoire et/ou en allant consulter Wikipédia.

Mais cette trame rebondissante n’est pas le seul atout du film. Son principal est son absence de manichéisme. Ce genre de productions souffre en effet souvent d’un handicap : opposer bloc à bloc les ouvriers, engagés dans une juste lutte pour sauver leur emploi, et des patrons, obsédés par la réduction des coûts, insensibles à la souffrance humaine – sans parler d’un État impuissant à s’opposer à cette logique capitaliste mortifère.

Le Feu sacré a l’immense vertu de ne pas céder à ces simplifications-là. Le documentaire ne nous montre pas des acteurs sociaux figés dans des rôles caricaturaux écrits d’avance mais au contraire des partenaires prêts à des concessions pour atteindre un objectif commun : la survie d’un savoir-faire industriel et la défense de l’emploi.

Les ouvriers, viscéralement attachés à leur outil de production, malades à l’idée d’abandonner une communauté qui est devenue pour eux une seconde famille, ont la clairvoyance d’accepter des concessions sur le temps de travail pour satisfaire un éventuel repreneur. Le patron est un modèle du genre, qui se bat pour réduire les coûts sans jamais ignorer le prix des efforts qu’il exige, aussi convaincant dans le documentaire qu’à l’avant-première à laquelle j’ai eu la chance d’assister en sa présence. Même les hommes politiques, qui jouent d’habitude les méchants de service, s’en tirent plutôt bien : on voit Bruno Lemaire, ministre de l’Économie, « mouiller la chemise » pendant de longues négociations, on voit surtout Agnès Pannier venir à Saint-Saulve et changer radicalement de pied sur une entreprise qu’elle croyait condamnée mais dont on lui démontre la viabilité.

Dans le débat qui a suivi la projection du film, hélas abrégé par le couvre-feu qui s’annonçait, la salle bruissait d’interventions militantes, exaltant la colère des ouvriers, attaquant la carence de l’État. Je me sentais bien seul dans mon costume-cravate passe-muraille qui trahissait trop visiblement mon appartenance à la caste honnie des énarques dominateurs et sûrs d’eux-mêmes. Je sais gré au réalisateur, à son producteur et au patron, Cédric Orban, d’avoir salué le rôle de la haute fonction publique dans la reprise d’Ascoval : une haute fonction publique qui, contrairement à ce qu’imaginent les complotistes de tous bords, n’est pas gangrenée par la corruption et minée par l’incompétence, mais qui essaie, tant bien que mal, d’œuvrer chaque jour au bien commun.

Le Feu sacré est un documentaire touchant et intelligent dont on regrettera qu’il ne sorte malheureusement que sur deux salles à Paris. À voir absolument.

La bande-annonce

Adieu les cons ★★★★

Suze Trapet (Virginie Effira), la petite quarantaine, apprend qu’elle n’en a plus que pour quelques mois à vivre. Son dernier désir : retrouver le fils dont elle a accouché sous X quand elle avait quinze ans à peine. Un farfelu concours de circonstances la met en contact avec un informaticien dépressif (Albert Dupontel) et avec un archiviste aveugle (Nicolas Marié). L’improbable trio, poursuivi par la police, réussira-t-il à retrouver le fils de Suze ?

J’ai toujours adoré Albert Dupontel. Je me souviens de son premier film, Bernie en 1996 comme d’un Ovni dans le paysage cinématographique bien sage de l’époque. Une énergie folle s’en dégageait, un humour dévastateur, un regard volontiers provocateur sur les maux de nos sociétés. Cette marque de fabrique se retrouvait dans ses films suivants : Le Créateur en 1998, Enfermés dehors en 2005, Neuf mois ferme en 2009 avec Sandrine Kibertlain qui m’avait fait hurler de rire.

Dupontel a connu la consécration en 2017 avec l’adaptation de Au revoir là-haut, le Goncourt de Pierre Lemaître. Le réalisateur avait de l’or en main. Le film fut un immense succès critique et public, raflant cinq Césars dont celui du meilleur réalisateur.

Mais Au revoir là-haut est peut-être le moins dupontélien des films de Dupontel. Adieu les cons lui ressemble plus. Il retrouve la galopante énergie de Bernie et sait nous raconter une histoire qui nous arrache des larmes sans verser dans la mièvrerie.

Pourtant cette histoire, à y regarder de près, n’a ni queue ni tête. Elle est construite autour d’une accumulation de coïncidences toutes aussi peu crédibles les unes que les autres.

Ces incohérences n’enlèvent pourtant rien au plaisir qu’on prend à suivre les personnages. Il faut dire que le trio d’acteurs est incroyable. Virginie Effira n’a jamais été aussi jolie ni aussi émouvante. Albert Dupontel donnerait presqu’envie de tomber dépressif et de se mettre à l’encodage. Quant à Nicolas Marié, il introduit avec son personnage d’aveugle clairvoyant, habillé comme le Joker de Batman, la touche de folie qui achève de faire basculer le film dans la pure BD.

Ajoutons des décors entièrement artificiels qui tournent le dos au naturalisme et donnent à Adieu les Cons un parfum de Brazil, la référence revendiquée de Dupontel. Le cocktail est parfait.

La bande-annonce

Drunk ★★★☆

Quatre enseignants danois décident de combattre leur crise de la quarantaine en s’alcoolisant. Dans un premier temps, le résultat est efficace : les inhibitions sautent, la vie devient plus gaie. mais à la longue, l’alcoolisation devient dangereuse.

La bande-annonce de Drunk m’a mis l’eau à la bouche. Quel plaisir de retrouver Thomas Vinterberg, le réalisateur de l’inoubliable Festen, dont l’aura a été injustement éclipsée par celle, un peu de trop envahissante de son iconoclaste compatriote Lars Von Trier ! Et quel plaisir de le retrouver, au moment même où le couvre-feu nous tombe dessus, dans un film qui se présente comme une ode joyeuse à la fête !

Mais le problème est que le pitch de Drunk fait long feu. Comme promis dans la bande-annonce et dans mon résumé, il comprend une thèse, une antithèse…. avant l’inévitable synthèse.
La thèse : l’alcool rend gai. C’est l’occasion de quelques scènes souvent drôles où les inhibitions dans lesquelles ces quatre quarantenaires étaient englués disparaissent. Le professeur d’histoire devient soudain populaire en évoquant l’ivrognerie de Churchill – et la sobriété de Hitler. L’époux bonnet-de-nuit redevient un amant fougueux. C’est encore l’occasion de quelques scènes pas moins drôles que les précédentes où l’on voit ces quatre même quadragénaires, complètement pafs, violer allègrement les règles de la décence publique qu’ils avaient jusqu’alors bourgeoisement respectées.
L’antithèse : l’alcool rend triste. Mais bien vite (trop vite ?), l’accoutumance produit des effets délétères. L’éthylisme des quatre professeurs ne peut plus être caché, ni dans leurs familles, ni à leur travail. L’un d’eux dépassera même les limites.
Enfin viendra l’inévitable synthèse, dans une scène finale, sagement transgressive – si l’on m’autorise l’oxymore – dont on redoute un instant que n’y soient ajoutés en surimpression les mots « Consommer avec modération ».

Cette organisation ternaire évite certes à Vinterberg les deux critiques symétriques de l’incitation à l’ivrognerie ou du moralisme prohibitionniste. Mais elle ne le sauve pas pour autant d’une certaine facilité d’écriture qui prive le film du sel qu’on espérait y trouver.

Pourquoi alors lui donner trois étoiles ? Parce que Drunk est néanmoins le meilleur film du moment, dans une programmation bien pauvre qui ne brille pas par sa qualité. Parce que Madds Mikelsen devient de plus en plus sexy en vieillissant. Et parce que je n’arrive pas à m’enlever de la tête la musique incroyablement joyeuse de la bande-annonce. (What A Life de Scarlet Pleasure)

La bande-annonce