Border Line ★★☆☆

Diego est vénézuélien et urbaniste ; Elena est espagnole et danseuse. Ils quittent ensemble Barcelone pour Miami où ils ont décidé de s’installer et d’entamer une nouvelle vie. Leurs visas sont en règle. Pourtant, à l’escale de Newark, au moment de rentrer sur le territoire américain, le service de l’immigration les intercepte pour procéder à des « investigations complémentaires ».

Si vous avez déjà atterri aux Etats-Unis, peut-être avez-vous franchi la douane avec un frisson d’appréhension. Sans doute n’aviez-vous rien à vous reprocher et, dès lors, rien à craindre. Pour autant, les moyens impressionnants déployés, le manque d’amabilité des policiers, les questions aboyées dans un sabir incompréhensible, ajoutés à la fatigue du vol et du décalage horaire vous ont-ils mis mal à l’aise, voire vous ont-ils laissé craindre une détention arbitraire dans les sous-sols de JFK ou de LAX.

C’est sur ce sentiment-là, à la fois très commun et irrationnel, que Border Line prospère. Le titre original de ce film réalisé par deux Vénézuéliens installés en Espagne, qui disent s’être inspirés de témoignages réels, était La Llegada (l’arrivée) ou Upon Entry dans sa version internationale. Le titre français se veut polysémique même si on ne voit pas très bien lequel des personnages est atteint de troubles de la personnalité limite (borderline).

Je lis depuis quelques jours des critiques élogieuses, dans la presse et chez des amis : « huis clos aiguisé », « scénario diabolique », « petite pépite de suspense »…. Sans doute Border Line, qui a raflé plusieurs prix, notamment au festival international du film policier de Reims ou au festival Premiers Plans d’Angers n’a-t-il pas volé ces commentaires élogieux. C’est une belle mécanique de précision, aussi concise (soixante-dix-sept minutes à peine) qu’efficace.

Mais, la faute peut-être à ce bouche-à-oreille si dithyrambique, le film a été un chouïa en-dessous de mes attentes. J’ai trouvé en particulier qu’il usait et abusait d’un seul ressort répétitif – la toute-puissance que s’octroient les gardes-frontières les autorise aux questions les plus humiliantes – et qu’il était construit autour d’un enjeu finalement mal exploité : nos deux voyageurs ont peut-être plus à se reprocher qu’on ne l’aurait pensé si bien que l’agressivité des policiers n’est peut-être pas si disproportionnée qu’on l’aurait cru. J’escomptais plus de rebondissements d’un film qui finalement en compte fort peu.
Redoutant de trop en dire, je ne dirai rien de la dernière scène qui clôt magistralement ce huis clos oppressant.

La bande-annonce

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