Maman déchire ★☆☆☆

Emilie Brisavoine a plongé dans les archives familiales pour dresser le portrait de sa mère.

On avait découvert Emilie Brisavoine en 2016 avec Pauline s’arrache, un documentaire tourné avec des bouts de ficelle sur l’adolescense révoltée de sa demi-sœur. La sincérité de ce documentaire bourré de défauts m’avait enthousiasmé.

On la retrouve neuf ans plus tard avec les mêmes recettes. Elle se penche cette fois ci sur celle qui n’était dans Pauline… qu’un personnage secondaire : sa mère.

Elle n’y va pas de main morte, dressant de sa marâtre, qui l’a abandonnée à son adolescence, un portrait sans concession : celle-ci a fait payer à ses enfants, à Emilie son aînée, et à Florian le cadet, le prix de ses traumatismes, de sa paranoïa, de ses bouffées de délire psychotique, et les a privés de l’amour dont ils avaient tant besoin.

Le résultat est particulièrement émouvant. On y lit une (en)quête : alors qu’elle vient elle-même d’avoir un enfant et interroge le lien si fort qui est en train de naître entre elle et lui, Emilie Brisavoine s’interroge sur le lien qui s’est brisé avec sa mère. Elle montre aussi comment son frère Florian a souffert, encore plus qu’elle, de cette relation toxique.

Mais, Maman déchire n’en donne pas moins le sentiment que la réalisatrice s’est payé une psychanalyse aux frais des spectateurs. On ne peut certes que se réjouir de sa lucidité, se féliciter qu’à la fin [attention spoiler] mère et fille trouvent enfin la voie d’une relation apaisée ; mais on garde l’impression désagréable, comme dans le récent À bicyclette !, d’avoir été convié sans notre consentement à un exercice cathartique qui ne nous regardait pas.

La bande-annonce

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