
Tereza a soixante-dix-sept ans. Dans un Brésil dystopique où les personnes âgées ne doivent plus peser sur la population active et sont invitées à quitter leur maison pour s’installer dans des « colonies », l’heure du départ va bientôt sonner pour elle. Mais cette femme indépendante et encore ingambe s’y refuse de toutes ses forces. Avant la retraite, elle veut réaliser un ultime rêve : voler. Aussi déjouant la télésurveillance, s’enfuit-elle à travers l’Amazonie.
Les Voyages de Tereza est un petit film brésilien dont le pitch rappelle inévitablement Soleil vert, un des plus grands films de science-fiction qui a marqué des générations de cinéphiles, ou plus récemment le japonais Plan 45. Mais la piste est trompeuse. Les Voyages de Tereza n’a rien de science-fictionnel ou de dystopique.
L’argument n’est qu’un prétexte à un « boat-trip », l’errance aquatique sur l’Amazone et ses affluents d’une vieille femme qui ne veut pas mourir avant d’avoir réalisé son rêve. Cette errance est parsemée de rencontres : le propriétaire d’un bateau qui lui enseigne des rudiments de navigation et utilise la bave turquoise de certains escargots pour s’offrir des trips déjantés, celui d’un ULM qui refuse de décoller malgré ses multiples tentatives, une prédicatrice évangéliste qui commercialise des bibles électroniques…
Les Voyages de Tereza ne dure qu’une heure vingt-six à peine. Il s’arrête brutalement alors qu’on pensait n’en être qu’à son début, comme si le réalisateur était à court de pellicule. Sa fin est d’autant plus brutale qu’elle laisse en suspens les deux questions posées par le film : en quoi consiste la mystérieuse « colonie » où sont conduites les personnes âgées ? Tereza réussira-t-elle enfin à accomplir son rêve ?