On ira ★★★☆

Rongée par un cancer récidiviste, Marie (Hélène Vincent) a pris sa décision : elle ira mourir dans la dignité en Suisse avant que la maladie n’ait raison d’elle. Mais elle n’a pas le courage de dire la vérité à son fils (David Ayala) et à sa petite-fille (Juliette Gasquet). Le seul à être dans la confidence, bien malgré lui, est Rudy (Pierre Lottin), l’auxiliaire de vie de Marie.

Après La Chambre d’à côté (que j’ai adoré), après Le Dernier Souffle (que j’ai détesté), le suicide assisté, qui revient en discussion à l’Assemblée nationale, est décidément le sujet tendance dans les salles de ce premier trimestre 2025. Il l’était en 2012 quand Hélène Vincent, déjà elle, se rendait en Suisse, avec son fils, interprété par Vincent Lindon, pour y mourir dans la dignité.

Quelques heures au printemps m’avait durablement marqué. On ira a eu sur moi un effet identique. J’ai « marché » du début à la fin et suis sorti enthousiaste d’un film qui n’est pourtant pas sans défauts et qui vaut sans doute moins que ce que je vais en écrire. Le critique de cinéma est subjectif ; je le suis plus qu’à mon tour ; il y a des films dans lesquels je « marche », d’autres dans lesquels je ne marche pas (comme À bicyclette ! que j’ai fielleusement assassiné). Comment s’explique qu’un film puisse à ce point nous entraîner au point qu’on en oublie ses défauts ? C’est la subjectivité de chacun … et la magie du cinéma…

Premier film d’une enfant de la balle, jeune actrice passée derrière la caméra, On ira est une comédie qui traite d’un sujet grave. Comme Little Miss Sunshine dont il emprunte le dispositif, On ira réunit ses quatre protagonistes dans un vieux camping-car asthmatique en route vers la Suisse. Oscillant entre le rire et les larmes, il réussit à tenir la distance et à garder l’équilibre sans verser dans la caricature que sa bande-annonce laissait craindre.

Il le doit en grande partie à ses acteurs. Hélène Vincent, décidément abonnée aux personnages d’octogénaires en fin de vie, est comme d’habitude parfaite. Sa manière de faire ses valises, de choisir sa dernière robe, de fermer une dernière fois son portail, m’a arraché des torrents de larmes. Après En fanfare, Pierre Lottin confirme son potentiel comique avec un rôle qui aurait pu facilement déraper. J’ai trouvé que le physique de David Ayala, découvert dans Miséricorde, jurait ; mais je me suis laissé emporter par son naturel. Enfin, la jeune première Juliette Gasquet est la preuve incarnée du boulot incroyable des directeurs de casting qui n’ont pas leur pareil pour dénicher des talents inédits.

La bande-annonce

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