La Vie après Siham ★★★☆

Il y a treize ans déjà, Namir Abdel Messeeh nous régalait avec La Vierge, les Coptes et Moi, un documentaire délicieusement ironique où il racontait son retour au berceau familial, dans le delta du Nil. Sa mère, forte en gueule, y jouait un rôle décisif. Après la mort de celle-ci en 2015, il continue sur le même mode son enquête autobiographique donnant cette fois-ci la part belle à son père, veuf inconsolable.

Tout est réussi dans ce petit bijou documentaire qui constitue mon coup de cœur et mon film préféré du mois (de janvier), riche pourtant en pépites : Hamnet, La grazia, Le Mage du Kremlin, Father Mother Sister Brother

Tout est donc réussi.
D’abord l’enquête familiale sur les traces du père et de la mère du réalisateur : son père, né dans les années 30, fut un militant communiste emprisonné sous Nasser et contraint à l’exil, sa mère, de dix ans sa cadette, l’épousa pour se consoler d’un grand chagrin d’amour et le rejoignit en France quelques années plus tard. Pour reconstituer ce passé, Abdel Messeeh a le génie de puiser dans les vieux films de Chahine des scènes qui semblent, comme par miracle, avoir été tournées pour raconter la vie de ses parents. L’effet est kitsch, déroutant, hilarant.

Ensuite une réflexion intime et touchante sur la filiation. Filiation du réalisateur avec son père, un homme taiseux avec lequel le contact n’a jamais été facile, mais qui cachait derrière son silence un profond amour pour sa famille. Filiation du réalisateur avec ses propres enfants, un garçonnet et une fillette que la caméra voit grandir tout au long de la dizaine d’années pendant lesquelles a été tourné ce film.

Enfin, cerise sur le gâteau, une ironie omniprésente, une forme infiniment séduisante et pas du tout surjouée de modestie et d’auto-dépréciation qui rendent l’auteur et son film infiniment aimables.

La bande-annonce

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