« Hurlevent » ★☆☆☆

On a quasiment tous lu un jour ou l’autre l’unique roman d’Emily Brontë, morte à trente ans, Les Hauts de Hurlevent, ou vu une de ses innombrables adaptations cinématographiques ou télévisuelles, la plus remarquable étant à ce jour celle de 1939 avec Lawrence Oliver et Merle Oberon. On se souvient qu’Heathcliff est un bohémien adopté par M. Earnshaw et élevé dans sa ferme perdue dans les landes venteuses du Yorkshire. Heathcliff est en butte à l’hostilité du fils aîné de M. Earnshaw – un personnage qui disparaît dans le film de 2026. En revanche, il est l’objet des tendres attentions de sa fille, Cathy, qui, doit se résoudre à épouser un riche bourgeois, Edgar Linton.

À partir de ce point de départ, Emerald Fennell réalise une superproduction hollywoodienne à 80 millions de dollars, sortie en grande pompe dans le monde entier pour la Saint Valentin, dont le principal atout est ses deux têtes d’affiche. Margot Robbie et Jacob Elordi (que Fennell avait dirigé dans Saltburn) sont les deux stars les plus sexy du moment dont la présence au casting est censée séduire l’humanité tout entière, homme ou femme, hétéro ou homo.

Le film est un immense vidéo-clip à leur dévotion façon Mylène Farmer ou Jean-Paul Gaultier dans lesquels ils apparaissent tour à tour vêtus des costumes les plus incroyables et coiffés des perruques les plus impressionnantes. Le tout est filmé dans des décors d’une artificialité revendiquée – ainsi de la chambre à coucher de Cathy dont les murs sont recouverts de latex qui reproduisent la peau, les veines et même les grains de beauté de Margot Robbie. Les deux acteurs, constamment trempés par les embruns du Yorkshire et/ou leurs larmes qui coulent à flots, y affichent les signes de la plus fougueuse des passions.

Le tout prête souvent à sourire alors que tel n’est pas évidemment sa fonction. On se demande si on n’est pas en train de regarder le plus grand navet de l’année, une sorte de 50 nuances de Grey épicé d’une petite pointe de SM pas trop relevé pour ne pas effaroucher le cœur de cible des 12-16 ans. J’ai hésité à mettre zéro étoile et, par bonté d’âme, parce que je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, parce que les décors m’ont bluffé, parce que Margot Robbie est à mes yeux la plus belle actrice du monde et du moment, je lui en ai mis une.

PS : Pourquoi diable le titre est-il entre guillemets ?

La bande-annonce

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