Un jour avec mon père ★★☆☆

Deux jeunes frères, Olaremi et Akinola, passent une journée à Lagos avec leur père au lendemain des élections présidentielles de 1993 dont la junte militaire jusqu’alors au pouvoir tarde à reconnaître les résultats.

Caméra d’or à Cannes, Bafta du meilleur premier film, ce film nigérian est largement autobiographique. Son réalisateur a perdu son père à l’âge de deux ans à peine et l’a écrit avec son frère aîné.

Un jour avec mon père a deux qualités. La première est de nous plonger dans le Nigéria des années 90, un pays rarement filmé, à une période critique de son histoire. Il nous montre une mégalopole grouillante en pleine ébullition. Les militaires omniprésents patrouillent les rues ; la foule attend impatiemment les résultats de l’élection et la proclamation de la victoire de leur candidat, MKO Abiola ; la situation est électrique. On comprend progressivement que le père des enfants, militant politique, a été arrêté par la police et peine à évacuer ce traumatisme.

La seconde est de le faire à hauteur d’enfant, à travers les yeux des deux garçonnets. Le procédé n’est pas nouveau. Il a été utilisé jusqu’à la trame depuis Jeux interdits ou Le Voleur de Bicyclette. On l’a récemment retrouvé sous des latitudes aussi différentes que l’Irak de Saddam Hussein (Le Gâteau du président) l’Allemagne de 1945 (Une enfance allemande) ou Madagascar en 1972 (L’Île rouge). Il n’en demeure pas moins très efficace. Ce qu’on voit de Lagos, c’est ce qu’en voient deux garçons de neuf et onze ans, qui n’en comprennent pas la géographie mais sont soufflés par son immensité, sa densité et le bruit qui y règne. Pour accentuer ce ressenti impressionniste, qui fait parfois penser à la texture des films de Terrence Malick, le réalisateur a utilisé une pellicule 35mm.

La bande-annonce

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