
Charmant garçonnet, grandissant en Ecosse dans les années 80, John Davidson (Robert Aramayo) se voit diagnostiquer à l’adolescence les premiers symptômes de la maladie de Tourette. La maladie neurodégénérative se caractérise par des tics moteurs et vocaux, notamment par une coprolalie (le mot du jour !) socialement particulièrement handicapante. On en a un échantillon dès la première scène du film, dont le plaisir de la découverte a été hélas éventé par la bande-annonce.
Comme La Maison des femmes sorti il y a quatre semaines, Plus fort que moi – dont le titre anglais, I swear, est autrement plus subtil – fait œuvre utile. Il fera connaître à un public très large qui souvent, comme moi, n’en connaissait rien une maladie stigmatisante qui marginalise ceux qui en souffrent.
C’est aussi un film particulièrement poignant. La réaction barbare des parents de John aux premiers stigmates de sa maladie suscite le même traumatisme que les pages les plus cruelles de Dickens. La résilience du gamin nous fend le cœur. Comme nous touchera particulièrement la réaction de ceux qui, plus tard, lorsqu’il sera devenu adulte, comprendront sa maladie et lui tendront une main secourable.
Plus fort que moi est un excellent feel good movie. Comme dans quasiment chacune de mes critiques, je me sens obligé d’ajouter une phrase sur sa durée inutilement longue : plus de deux heures. Dans ma critique de La Maison des femmes, j’écrivais péremptoirement qu’on ne fait pas de bons films avec de bons sentiments. Je pourrais écrire au mot près la même chose ici. Plus fort que moi est en effet un film tout en entier consacré à sa cause et dépourvu de la moindre ambiguïté. Mais il serait bien cynique de bouder son plaisir, de retenir ses larmes et de caparaçonner son cœur.