Georges (Gérard Depardieu) est une star de cinéma vieillissante qui vit seul dans sa luxueuse villa en plein Paris, mange trop, dort mal, peine à se souvenir du texte qu’il doit appendre pour son prochain film. Son seul lien avec le monde extérieur est Lalou, son garde du corps, qui doit s’abstenter quelques semaine pour enterrer son père au pays. Lalou est remplacé par une employée de la société chargée de la protection rapprochée de Georges : Aïssa (Déborah Lukumuena), une imposante jeune femme de vingt-quatre ans, qui pratique la lutte amatrice. Si Georges lui réserve un accueil plutôt frais, il va vite s’attacher à elle.
Constance Meyer a du culot. Pour son premier film, elle s’est lancé un double pari. Le premier est de filmer Gérard Depardieu, le monstre sacré du cinéma français, dans un rôle quasi documentaire : celui d’un immense acteur en bout de course. Le second est de lui opposer un autre personnage aussi « robuste » que lui, en la personne de la jeune actrice Déborah Lukumuena. Sacré culot de lui donner la moitié de l’affiche et d’y mettre son nom à égalité avec celui de notre Gégé national !
Robuste courait le risque de raconter une histoire cousue de fil blanc et courue d’avance. Ce risque là n’est qu’à moitié évité. Comme l’annonçait le pitch, Gérard (oups… je voulais dire Georges) et Aïssa vont lentement s’apprivoiser. Rien n’advient dans leur relation qui nous surprenne et qui, par conséquent, ne nous bouleverse.
En revanche, Constance Meyer relève haut la main le double pari qu’elle s’était lancée. Gérard Depardieu – si l’on oublie un instant ses inutiles provocations russo-dubaïotes – est impressionnant dans un rôle autobiographique qui évite tout à la fois la parodie, l’égocentrisme et l’auto-dépréciation. Déborah Lukumuena l’est peut-être tout autant. D’autres qu’elle se seraient laissés démonter face à la statue du Commandeur. Elle non. Reste toutefois à déterminer si son aplomb constitue une des nombreuses facettes d’un jeu qui en révèlera d’autres dans ses prochains films.
Médéric (Jean-Charles Clichet) est un geek clermontois, maladroit et célibataire, amateur de course à pied. Alors qu’un attentat meurtrier vient de frapper la capitale auvergnate et que la paranoïa gagne ses habitants, Médéric noue une idylle improbable avec Isadora (Noémie Lvovsky), une prostituée dans la force de l’âge, aliénée par un mari violent.
Fabrice (Jean-Paul Rouve) est un acteur comique de cinéma jouissant d’une petite notoriété. Il vit heureux dans un pavillon de banlieue avec son épouse Fabienne (Julie Depardieu) et son fils Gérard. Il commet hélas l’erreur de faire les courses de la semaine au supermarché sans sa carte de fidélité et devient illico l’ennemi public numéro un. Toutes les polices de France, sous la direction du commissaire Jeanne Weber (Yolande Moreau), spécialement rappelée au service pour l’occasion, sont à ses trousses. Fabrice part se cacher en Lozère. La population réclame la tête du criminel. Une partie de la profession, sous l’égide de Florence (Julie Gayet) se mobilise pour le défendre. Un film se prépare même où Benjamin (Ramzy Bedia) interprétera le rôle de Fabrice.
Deux années ont passé à Gotham City. Les élections municipales approchent qui opposeront le maire sortant et une jeune Afro-américaine réformiste. Batman, le justicier masqué, prend toujours sa part dans la lutte contre la criminalité qui gangrène la mégalopole ; mais sa tâche semble sans fin.
Le documentariste suisse Gabriel Tejedor est allé planter sa caméra à Magnitogorsk, à la frontière de l’Europe et de l’Asie, dans cette immense cité sidérurgiste. Pendant plus d’une année, il a attaché ses pas à ceux de trois familles et en a filmé la vie quotidienne.
Cassandre (Adèle Exarchopoulos) a vingt-six ans. Elle est hôtesse de l’air dans une compagnie low cost basée aux Canaries. Chaque jour, elle répète la même routine : elle se maquille, tire ses cheveux dans un chignon impeccable, endosse son uniforme et arbore un sourire de façade pour servir un mauvais café à des hommes d’affaires méprisants ou des touristes alcoolisés. Le mutisme de Cassandre est l’armure qu’elle s’est construite pour soigner une blessure enfouie.
Buddy, neuf ans, est un adorable garçonnet couvé par sa mère qui grandit, malgré les absences de son père qui travaille en Angleterre, sans avoir conscience des nuages qui s’accumulent au-dessus de sa tête. Belfast, à l’été 1969, est frappé par la guerre civile qui oppose catholiques et protestants. Les tensions interconfessionnelles transforment la rue de Buddy en camp retranché. La question du départ se pose à ses parents qui ne veut pas abandonner la ville où il a grandi et ce grand-père si attachant qui se meurt lentement de silicose.
À la fin du dix-neuvième siècle, Eugénie Cléry (Lou de Laâge) est une jeune fille de la haute bourgeoisie parisienne dont les parents collets montés n’apprécient guère les foucades féministes. Quand Eugénie prétend communiquer avec les esprits, ils la placent à l’asile de la Salpêtrière dans le service du docteur Charcot qui met en oeuvre des méthodes révolutionnaires pour soigner l’aliénation mentale. Terrifiée par son nouvel environnement, Eugénie apprend à connaître les autres convalescentes. Elle supplie qu’on la libère et révèle ses dons à Geneviève, l’infirmière en chef (Mélanie Laurent).
Au début du vingtième siècle, dans un petit village de pêcheurs sur une plage du Frioul, Agata accouche d’une fille mort-née, enterrée avant d’être baptisée. La jeune mère ne se résout pas à laisser son enfant errer anonyme dans les limbes. Elle a vent d’une légende : il existerait un sanctuaire dans la montagne où les enfants mort-nés sont ressuscités le temps qu’on les prénomme. Elle décide, contre toute raison, de s’y rendre. En chemin, sa route croise celle de Lynx, un autre vagabond.
En vertu de l’article 175 du Code pénal allemand, qui depuis 1871 pénalise l’homosexualité, Hans Hoffmann (Franz Rogowski) a été arrêté et déporté sous le nazisme. Mais, à la chute d’Hitler il doit encore exécuter le reliquat de sa peine avant d’être libéré. En 1957 et en 1968, il sera à nouveau arrêté et emprisonné dans le même établissement où il retrouve Viktor (Georg Friedrich), un héroïnomane qui deviendra, malgré son homophobie, son ami le plus cher.