C’est l’histoire d’un couple passionnément aimant. Lui, Augusto Góngora est un grand journaliste chilien, un mélange de Noël Mamère et de Bernard Pivot, qui a dénoncé courageusement les crimes de la dictature de Pinochet et animé des émissions culturelles de grande écoute. Elle, Paulina Urrutia, de dix-sept ans sa cadette, est une actrice célèbre, qui est devenue ministre de la culture entre 2006 et 2010.
À soixante ans, on a diagnostiqué à Augusto la maladie d’Alzheimer. Pendant les dix ans qui lui restent à vivre, durant lesquels son état se dégradera inexorablement, Paulina l’entourera de tout son amour.
La Mémoire éternelle est un titre paradoxal. On comprend qu’il s’agit de graver à jamais la mémoire de cet homme qui est en train de la perdre. On pénètre dans l’intimité de ce couple, quasiment seul à l’écran. À la réflexion, on réalise d’ailleurs avec étonnement qu’on ne voit personne d’autre : ni ami, ni famille, ni médecin, ni employé de maison (car le luxe de la maison laisse supposer qu’elle ne fonctionne pas sans jardinier ni femme de ménage).
La Mémoire éternelle est un film bouleversant. On y voit la déréliction d’un homme dont on sait la mort inéluctable (Augusto mourra en mai 2023, deux ans après la fin du tournage). On voit son état se détériorer, sa mémoire le fuir, sa mobilité se réduire.
Mais la vraie héroïne de ce film, c’est Paulina. Si on ne nous disait pas qu’elle était une grande actrice et qu’elle avait même occupé un poste ministériel, on pourrait penser qu’elle n’a jamais rien fait d’autre de sa vie que de s’occuper de son mari. Son affection indéfectible pour son compagnon – dont on comprend qu’elle l’a épousé après vingt ans de vie commune après que sa maladie se fut déclarée – est tout à la fois admirable et poignante. On se dit qu’Augusto a bien de la chance – et on se demande si on aura autant de chance que lui à l’heure, inéluctable, où la mort nous appellera. Mais on ne peut s’empêcher de penser qu’à cinquante ans, elle s’impose un sacrifice immense, et on s’interroge lucidement sur notre propre capacité à suivre son exemple si la nécessité nous le demandait…
Claus Drexel a sillonné la France, de la Corse à l’Alsace en passant par les Alpes, Paris, la Bretagne et le Béarn, pour aller y interviewer des « vieux ». Les plus jeunes sont octogénaires, les plus âgés ont dépassé le siècle. Seules ou en couple, à leur domicile ou en Ehpad, ces personnes (très) âgées portent sur leur vie un regard plein de philosophie et d’humanité.
Patpro et son oncle Hỳjnõ vivent au cœur de la jungle amazonienne. Ils effectuent ensemble un voyage à Brasilia, Patpro pour y participer à une manifestation des peuples indigènes contre la politique du gouvernement Bolsonaro, Hỳjnõ pour y désenvoûter la fille de Patpro, que des mauvais rêves assaillent.
Rochebrune est une petite ville ardennaise frappée par la crise. Johnny (Pierre Lottin) a pris la tête des manifestants qui protestent contre la fermeture des forges. Il disparaît après le braquage d’un transport de fonds, la mort d’un des convoyeurs et le vol de plusieurs millions. Anna Werner (Léa Drucker), capitaine de gendarmerie à la SR de Reims, est chargée de l’enquête. C’est pour elle un retour dans la ville de son enfance. La disparition de Johnny provoque aussi le retour inopiné à Rochebrune de Paul (Bastien Bouillon, la révélation de
Dans les années 1860, dans l’Ouest américain, Vivienne le Coudy (Vicky Krieps), une jeune fleuriste élevée au Canada francophone, repousse les avances d’un jeune homme de bonne famille pour suivre au fin fond du Nevada Holger Olsen (Viggo Mortensen), un immigré danois taiseux. Le couple, malgré ses différences, est uni par un lien puissant que mettra à l’épreuve le départ d’Olsen pour la guerre.
Sandrine (Charlotte Gainsbourg) et Christophe Leroy (José Garcia) forment un couple uni depuis une vingtaine d’années. Ils ont deux enfants, Bastien et Loreleï. Mais les défauts de Christophe sont venus à bout de l’amour de Sandrine qui décide de divorcer. Refusant l’éclatement de sa famille, Christophe souhaite emmener sa femme et ses enfants pour un week-end de la dernière chance.
Max, Vivian et Tom sont inséparables. Elèves en classe de quatrième, ils vivent dans une petite ville des Ardennes frappée par la désindustrialisation. Pollux, la grande entreprise locale, est au bord de la faillite. La mère de Max (Emmanuel Bercot) y a travaillé avant d’en être licenciée ; celle de Vivian, syndicaliste, y mène une résistance qu’on sait perdue d’avance ; les parents de Tom en revanche sont d’un milieu plus aisé. Les trois amis économisent pour pouvoir partir ensemble en voyage scolaire. Mais leur solidarité sera mise à rude épreuve par la libération conditionnelle de Seb (Raphaël Quenard), le frère aîné de Max, perdu par ses mauvaises fréquentations et les embrouilles dans lesquelles il est sans cesse englué.
David (Louis Garrel) est en pleine conversation avec Willy (Raphaël Quenard) auquel le lie une solide amitié malgré leurs différences. David veut se débarrasser de Florence (Léa Seydoux) dont il n’est pas amoureux en la jetant dans les bras de son ami, méfiant. Florence, elle, plus amoureuse que jamais, a décidé de présenter David à son père (Vincent Lindon). Le quatuor va se retrouver dans un restoroute perdu au milieu de nulle part.
Les employés épuisés de Z Communication, une petite agence de communication japonaise, ont l’impression de vivre dans une boucle temporelle. Chaque lundi les retrouve au même endroit et dans le même état, après un week-end harassant et des nuits quasi-blanches passés au bureau pour réaliser un projet aussi urgent qu’inepte : une campagne de publicité pour une soupe miso effervescente.
Paul (Benjamin Voisin) est quintuple champion du monde de tir sportif. Sonia (Emmanuelle Bercot) le coache depuis son plus jeune âge. Si Paul a raté les deux dernières éditions des Jeux, il est fin prêt pour les JO de Paris 2024. Il y constitue pour la France un espoir de médaille d’autant plus stratégique que la première semaine de compétition s’est jusqu’ici avérée calamiteuse. Mais si Paul est sans conteste un sportif talentueux, c’est surtout un jeune homme immature et asocial qui supporte mal de partager sa chambre avec un nageur vanuatais (Rivaldo Pawawi) au comportement dilettante.