
Le Retour du projectionniste se déroule dans les monts Talych, au sud de l’Azerbaïdjan, près de la frontière iranienne. Samid, un sexagénaire dévasté par la mort accidentelle de son fils deux ans plus tôt, s’est mis en tête de restaurer un antique projecteur soviétique et de diffuser des vieux films dans la salle des fêtes du village, comme au temps jadis. Il s’adjoint Ayaz, un jeune étudiant passionné de cinéma, qui bricole des films d’animation à la Gondry avec son téléphone portable.
La nostalgie des salles de cinéma d’antan, le désarroi devant leur fermeture est un sujet qui a inspiré beaucoup d’œuvres de fiction ou de documentaires. On pense bien sûr à Cinema Paradiso, que j’avais vu en projection officielle à Cannes en 1989 (il faut bien frimer de temps en temps) ou à Splendor d’Ettore Scola, contemporain du film de Giuseppe Tornatore, dont il reproduisait la même recette avec beaucoup moins de talent. Sortis en 2019, l’excellent Kabullywood racontait les tentatives de quatre jeunes cinéphiles de rouvrir un cinéma dans la capitale afghane et Talking about Trees mettait en scène quatre vieux cinéphiles soudanais projetant des films à travers le pays.
Le Retour du projectionniste reprend cette recette bien connue. Il le fait dans un cadre bien particulier et rarement filmé : l’Azerbaïdjan, qui n’est guère connu pour sa production cinématographique. Il en filme les collines, les montagnes et la capitale au modernisme anachronique dont on découvre la skyline – occasion pour moi de saluer notre courageuse ambassadrice à Bakou qui ne doit pas y avoir la vie facile. S’agit-il d’un documentaire ? d’une fiction ? Le doute est permis et il est stimulant.
Le Retour du projectionniste est un film modeste. C’est ce qui en fait le prix. C’est aussi ce qui en pose les limites. Ses rebondissements et sa conclusion sont sans surprises. On savait déjà, en le commençant, comment il se terminerait. Il a l’élégance de ne durer qu’une heure vingt à peine.








