Room ★☆☆☆

On se souvient de ces deux faits divers sordides qui, par coïncidence, eurent lieu tous deux en Autriche : la séquestration de Natascha Kampusch pendant huit années et celle, pendant vingt-quatre ans, par son propre père, d’Elisabeth Fritzl qui donna naissance à sept enfants.

Emma Donoghue s’en inspira pour écrire Room, l’histoire de Joy, kidnappée à dix-sept ans, violée et qui met au monde en captivité un petit garçon. Le film de Lenny Abrahamson est l’adaptation fidèle de ce livre. Il est, comme ce dernier, divisé en deux parties. La première se déroule dans le huis clos de la pièce qui accueille Joy et son fils. La seconde (non ! ce n’est pas un spoiler ! la bande-annonce le montre) raconte leur libération et leur retour moins facile que prévu à la vie extérieure.

L’idée n’est pas idiote. Combien de fois à la fin d’un film ou d’un roman, qui se termine par la mort du méchant et la survie miraculeuse du gentil, se demande-t-on comment le héros va retrouver une vie normale ?

Pour autant Room compte un film de trop. La première partie aurait suffi à faire un film extraordinaire, un huis clos étouffant, un suspense angoissant pour finir par un épilogue libératoire.  La seconde, elle aussi, se suffisait à elle-même. On y aurait montré, comme Room le fait sans aller au bout de ses potentialités, les écueils du retour à la normalité, le battage médiatique, la machine judiciaire, les histoires de famille mal cicatrisées.

Deux sujets pour deux films. Mais un de trop pour un seul.

La bande -annonce

 

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