Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot ★☆☆☆

Né sous X, alcoolique à treize ans, tétraplégique à vingt-et-un, John Callahan n’a pas eu une jeunesse facile. D’autres que lui auraient pu sombrer. D’ailleurs l’accident qui le prive de l’usage de ses membres ne le dissuade pas de continuer de boire.
Mais, grâce à la chaleur amicale d’un groupe d’Alcooliques anonymes, grâce à l’amour d’une femme, grâce surtout à la pratique du dessin qui fera connaître ce dessinateur au trait provocateur du monde entier, John Callahan va commencer une nouvelle vie.

On comprend l’intérêt que Gus Van Sant a trouvé dans la rédemption de John Callahan, originaire comme le cinéaste, de Portland dans l’Oregon. Le personnage est attachant qui refuse toute démagogie, dans ses œuvres comme dans sa vie, et cultive une capacité étonnante à déplaire. En ces temps où la résilience est à la mode, ce feel good movie pourra toucher.
D’ailleurs sa première demie-heure fait illusion, qui entrelace plusieurs chronologies avec une étonnante maestria : une réunion des AA où Callahan fait retour sur son passé, sa vie débridée et alcoolique au début des années 80 (ah ! ces coiffures !), son arrivée à l’hôpital après son accident et sa terrible rééducation.

Mais le film souffre d’une cruelle défaillance de scénario. Aucune tension ne l’innerve, aucun fil ne le tend, aucun enjeu ne le fait avancer. Gus Van Sant se borne à raconter, aussi brillamment soit-il, l’histoire d’un homme qui s’en est sorti. Ce biopic sirupeux et inconsistant s’étire sur près de deux heures. Il rappelle Will Hunting – avec Robin Williams auquel le rôle de John Callahan était promis – et Harvey Milk dont je n’ai jamais partagé l’admiration respectueuse dont il fait l’objet. Quand bien même l’interprétation est étincelante (Joaquin Phoenix, qui aligne ces temps-ci les rôles titres, confirme qu’il est l’un des plus grands acteurs de sa génération, Jonah Hill surprend dans un rôle à contre-emploi, même Rooney Maria parvient à sauver son personnage de la caricature), elle ne suffit pas à tirer le spectateur de la lente somnolence dans laquelle il a tôt fait de glisser.

La bande-annonce

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