Les Éternels (Ash is purest white) ★☆☆☆

Valse en trois temps.
1. 2001 : Qiao (Zhao Tao) est amoureuse de Bin (Liao Fan) qui dirige la pègre locale. Elle n’hésite pas à risquer la prison pour le sauver d’un gang rival.
2. 2006 : Qiao ressort libre de cinq années de captivité. Elle traverse la Chine pour retrouver Bin qui ne l’a pas attendue
3. 2018 : À force d’intelligence, Qiao a repris le pouvoir sur la pègre de Datong. Bin, victime d’un accident vasculaire, n’est plus que l’ombre de lui-même.

Il est de bon ton de considérer Jia Zhang-ke comme l’un des plus grands réalisateurs chinois contemporains. Ses films sont régulièrement sélectionnés dans les grands festivals européens : les quatre derniers étaient en compétition à Cannes et A Touch of Sin y a remporté en 2013 le prix du scénario. On lui reconnaît deux qualités. La première : volontiers naturaliste, il documente les changements que traverse la Chine contemporaine et filme « l’envers du miracle chinois ». La seconde : une grande maîtrise de la mise en scène et du montage permettant de marier des fresques ambitieuses organisées sur une longue temporalité et des récits intimistes.

Son dernier film s’inscrit dans la continuité des précédents. Il en a les mêmes caractéristiques, la même ambition. À travers l’histoire de Qiao et Bin, Jia Zhang-ke veut raconter l’histoire de la Chine, de sa folle modernisation, de sa lente déshumanisation. Il brosse aussi un admirable portrait de femme qui fait primer contre tout et contre tous les valeurs de droiture et de loyauté.

Sur le papier, tout cela est bel et bon. Mais Les Éternels a un défaut rédhibitoire. C’est un film qui suinte l’ennui. Très vite, le spectateur comprend que Qiao est une femme droite et Bin un homme lâche. Pas besoin de visiter toutes les gares de Chine, du Hubei au Shanxi, pour le comprendre. Le film dure plus de deux heures. C’est une purge interminable.

La bande-annonce

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