Mort à 2020 ★★☆☆

Pour fêter – si l’on ose dire – la fin de l’année 2020, bien vite consacrée la « pire de l’histoire  » – en oubliant les deux guerres mondiales et leurs cohortes de fléaux – les créateurs de Black Mirror, Charlie Brooker et Annabel Jones, ont réalisé pour Netflix un vrai-faux documentaire. On y trouve, comme c’est la règle dans ce genre de documentaires, une alternance d’images d’archives et d’interviews d’experts ou de grands témoins. Les premières sont vraies qui, comme le font les meilleures rétrospectives (et les meilleurs bêtisiers) nous permettent, durant les fêtes, de revisiter devant un feu de bois les moments les plus marquants de l’année. Mais les secondes sont jouées par des acteurs : on reconnaît Hugh Grant dans le rôle d’un historien britannique imbu de lui-même parsemant ses commentaires de références à Game of Thrones ou au Retour du Jedi, Samuel Jackson dans celui d’un journaliste d’investigation d’un grand quotidien new yorkais, Lisa Kudrow dans celui d’une porte-parole de Trump qui profère les pire contre-vérités sans se laisser démonter, etc.

Death to 2020 vaut par ce qu’il nous montre et par ce qu’il ne nous montre pas.
Il se focalise sur trois événements : la pandémie du Covid-19, le mouvement Black Lives Matter et les élections américaines. Death to 2020 ne se prive pas de tourner en ridicule Donald Trump, qu’il s’agisse de ses décisions face au Covid-19, dont il a longtemps sous-estimé la dangerosité, ou de son entêtement à nier contre toute raison le résultat des urnes. Mais il décoche aussi quelques flèches à Joe Biden dont il se moque de l’âge. Tous ces événements sont racontés sur le même mode sarcastique qui deviendrait répétitif si Death to 2020 durait plus de soixante-dix minutes.

Death to 2020 vaut aussi par ce qu’il ne nous montre pas. Il est emblématique d’une vision extrêmement américano-centrée du monde. Rien de ce qui se passe hors d’Amérique ne semble retenir l’attention des réalisateurs, si ce n’est la coiffure en pétard de Boris Johnson. Si on y voit l’énorme déflagration de Beyrouth du 4 août, c’est plus pour illustrer le chaos du monde que la situation du Liban. Rien sur la Chine de Xi Jinping, la Russie de Poutine et l’empoisonnement de Navalny, rien sur la guerre au Haut-Karabagh, l’Allemagne de Merkel, la France de Macron….

La bande-annonce

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