Come Sunday ★☆☆☆

Crise de foi. Carlton Pearson (Chiwetel Ejiofor) est un pasteur pentecôtiste born-again à qui tout semble sourire. Ses prêches enflammés attirent un public nombreux, noir et blanc, dans son Église de Tulsa dans l’Oklahoma. Il est marié à Gina (Condola Rashad), une femme sublime, qui lui a donné deux beaux enfants. Le célèbre télévangéliste Oral Roberts (Martin Sheen) le considère comme son fils spirituel et le destine à sa succession.
Mais, au contact d’un oncle qui se suicide en prison et d’un de ses musiciens homosexuel, malade du Sida, la foi de Carlton Pearson vacille : l’Enfer existe-t-il vraiment où les pêcheurs se consumeront dans des tourments éternels ? comment un Dieu d’amour peut-il réserver un tel sort à ses brebis ?
Le pasteur exprime publiquement ses doutes et s’attire bien vite l’hostilité de ses pairs qui l’accusent d’hérésie et la désaffection de ses ouailles désorientés par le nouveau tour de ses sermons. Fera-t-il amende honorable pour retrouver son confort ? ou s’entêtera-t-il dans l’hétérodoxie ?

Come Sunday est un film américain très exotique ; car son sujet nous est profondément étranger à nous, spectateurs de la vieille Europe déchristianisée. Les querelles dogmatiques qu’il évoque (l’enfer existe-t-il ? s’il n’existe pas, à quoi sert de mener une vie vertueuse pour gagner le paradis ?) nous semblent profondément anachroniques – sauf si nous faisons partie de l’infime minorité de croyants et de pratiquants que le doute théologique habite encore.

Dès lors, il y a trois façons radicalement différentes de recevoir ce film.
La première est de s’en sentir totalement éloigné – ce qui n’a pas été loin d’être mon cas – tant le sujet qu’il traite et sa façon de le traiter nous sont étrangères.
La deuxième est, au contraire, de le vivre comme une plongée quasi-documentaire dans l’Amérique du télévangélisme, de ses megachurches, de ces messes survitaminées où des pasteurs enflammés hystérisent leurs auditoires (Cf les enquêtes documentées du sociologue français Sébastien Fath).
La troisième enfin essaierait de sortir le sujet de son contexte, américain et chrétien, pour y voir l’histoire d’un homme qui essaie, malgré les pressions de son entourage, de rester fidèle à lui-même. Cette troisième voie est la plus ambitieuse et c’est sans doute sur elle que Netflix a parié en proposant ce film à son catalogue partout dans le monde. Mais il n’est pas certain que ce soit la plus opérante.

La bande-annonce

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