Julie (en 12 chapitres) ★★★☆

C’est l’histoire de Julie (Renate Reinsve), racontée en douze chapitres, un prologue et un épilogue. L’histoire d’une trentenaire norvégienne bien dans son temps qui n’aime pas faire des choix et hésite sur la voie à suivre. Après des études de médecine puis de psychologie, elle bifurque vers la photographie et trouve un job alimentaire dans une grande librairie. Après avoir aimé Aksel (Anders Danielsen Lie), un bédéiste plus âgé qu’elle qui aspire à fonder une famille alors que Julie ne s’y sent pas prête, elle aimera Eivind (Herbert Nordrum), qu’elle a rencontré dans une soirée de mariage où elle s’était incrustée sans y être invitée.

Le cinquième film de Joachim Trier arrive sur nos écrans précédé d’une réputation flatteuse. Son réalisateur – sans lien de parenté avec son homonyme danois Lars von Trier – s’était déjà fait connaître avec Oslo, 31 août (une adaptation contemporaine du Feu follet de Drieu la Rochelle), Louder than Bombs et Thelma. Julie (en 12 chapitres) avait surtout été remarqué à Cannes où son interprète principale, la solaire Renate Reinsve, avait remporté le prix d’interprétation féminine. Une récompense largement méritée pour cette girl next door au sourire irrésistible ; car on ne peut regarder son film sans tomber instantanément amoureux d’elle et/ou l’ériger en life model.

Alors sans doute, si on cherchait la petite bête, on pourrait trouver bien des défauts à ce personnage : sa versatilité, son indécision, son refus de l’engagement. Mais ce sont des défauts parfaitement assumés par le film dont le titre original norvégien annonce la couleur : La Pire Fille du monde. Et ce sont surtout des défauts vite excusés par la formidable authenticité de ce personnage passionnément libre.

Une scène du film deviendra immédiatement iconique : celle où le monde se fige tandis que Julie court vers son amoureux. Elle résonnera immanquablement avec celles que nous avons tous vécues un jour ou l’autre, où la terre entière pouvait s’arrêter tandis que seul comptait pour nous l’être aimé.
Une autre, plus ludique, n’est pas moins réussie : celle du mariage où Julie et Eivind se rencontrent et testent jusqu’à l’aube les frontières de la fidélité conjugale.

Dans son dernier tiers, Julie (en 12 chapitres) devient plus grave. On craint un instant qu’il ne perde la légèreté qui avait fait son principal attrait jusque là. Mais on réalise que ce ballast n’est pas inutile pour lester un peu le film et, surtout, qu’il sonne diablement juste. Jusqu’à sa dernière image – qui s’écarte de la fin que nous redoutions – Julie (en 12 chapitres) nous surprendra. Pour le meilleur.

La bande-annonce

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