Marty Supreme ★★★☆

Marty Mauser (Timothée Chalamet) est un pongiste surdoué. Il vient de remporter l’Open d’Angleterre face au champion du monde en titre, un juif hongrois rescapé des camps. Marty pourrait fort bien décrocher le titre mondial aux prochains championnats qui se dérouleront en 1952 à Tokyo. Encore faut-il qu’il trouve l’argent pour payer son billet d’avion et solder la dette qu’il a contractée à Londres auprès de la fédération. Pour parvenir à ses fins, Marty est prêt à tout : mouiller dans les arnaques les plus dangereuses, obtenir le parrainage du PDG dont il vient de séduire la femme…

Josh Safdie, qui tournait jusqu’à présent toujours avec son frère Benny (Good TimeUncut Gems), s’est lancé en solo dans le vrai/faux biopic d’une star oubliée d’un sport qui, aux Etats-Unis, n’a jamais été pris au sérieux : le ping-pong.

L’action se déroule au début des années 50 à un moment clé de l’histoire de ce sport. Longtemps réservé aux Blancs (les premiers champions du monde furent britannique, hongrois, autrichien ou tchécoslovaque), ce sport immensément populaire en Asie fut à partir de cette époque dominé par les Japonais puis par les Chinois. Ce basculement est concomitant de l’introduction de la mousse sur les raquettes qui permet de donner à la balle un effet que les raquettes en bois (hardbat) ne lui donnaient pas.

Mais, qu’on s’en félicite ou qu’on le déplore, le tennis de table n’est pas le sujet principal de ce film – dont je serais quand même curieux de savoir si les frères Lebrun l’ont vu et ce qu’ils en ont pensé. Marty Supreme, comme son nom l’indique, est un one man show de la méga star du moment, j’ai nommé le beau Timothée, le crush de l’Amérique, combinaison explosive de masculinité féline, d’énergie inépuisable et de culot monstrueux.

Car son personnage, pour être culotté, l’est sacrément. Il ose tout. Rien ne lui fait peur : coucher avec la femme de son voisin (la ravissante Odessa A’Zion à laquelle je prophétise un brillant avenir), dormir au Ritz aux frais de la fédération internationale qui lui en gardera un chien de sa chienne, draguer une ancienne star de cinéma (Gwyneth Paltrow cougar à souhait qu’on n’avait plus vue depuis belle lurette) mariée à un magnat du stylo (Kevin O’Leary que j’ai confondu pendant tout le film avec Kevin Spacey), arnaquer un dangereux mafieux (Abel Ferrara en guest star autoparodique)…

Le tout est mené à un tempo d’enfer dans un gigantesque chaos qui constitue la signature des frères Safdie. La B.O. est audacieuse, composée de tubes des années 80 totalement anachroniques : Alphaville, Tears for Fears, Peter Gabriel…

Marty Supreme part dans tous les sens, à toute allure, parfois sur des chemins de traverse qui nous détournent du droit chemin censé nous mener aux championnats du monde de Tokyo. On s’attend depuis la première minute du film au triomphe annoncé du jeune pongiste charismatique. La fin est surprenante qui ne nous offre pas tout à fait ce que nous escomptions. Et c’est tant mieux !

La bande-annonce

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