Les Fleurs du manguier ★★★☆

Un frère et une sœur entreprennent une traversée périlleuse depuis le Bangladesh jusqu’en Malaisie.

Les Rohingyas forment une minorité musulmane dans l’ouest de la Birmanie privée de tout droit civique depuis 1982. Persécutés par la majorité bouddhiste, ils ont fui en masse vers le Bangladesh voisin. Ils s’y entassent dans des camps de réfugiés. Longtemps ignorée de la communauté internationale, leur situation s’est lentement médiatisée depuis 2017.

Le jeune réalisateur japonais Akio Fujimoto – dont les deux premiers films, inédits en France, suivaient le parcours d’une famille birmane et de jeunes Vietnamiennes immigrées au Japon – s’est intéressé au sort des Rohingyas. Il aurait pu tourner un documentaire. Il choisit la fiction pour raconter, à travers l’itinéraire semée d’embuches de deux enfants, les vicissitudes de ce peuple persécuté.

Pour ne pas divulgâcher les rebondissements de l’histoire, on ne décrira pas les différentes étapes de leur longue odyssée. On se bornera à révéler sans surprise que le bateau dans lequel Shafi, quatre ans, et sa sœur Somira, neuf ans, embarquent avec leur tante au Bangladesh en direction de la Malaisie n’arrivera pas à bon port. Sur leur chemin, les deux gamins rencontreront à la fois des bons Samaritains prêts à les aider sans contrepartie et des salauds capables des pires ignominies pour profiter de leur précarité.

Face à ce vaste éventail de comportement humains, les deux enfants n’ont rien à opposer, sinon leur impassibilité. Le petit garçon est trop jeune pour avoir conscience de ce qui leur arrive ; sa sœur aînée est encore une enfant dont le seul réflexe quasi-animal est de protéger son frère et d’aller de l’avant quoi qu’il en coûte.

Leur entêtement, leur fragilité sont des crève-cœurs. On ne ressort pas indemne d’un tel film dont le scénario rebondissant a le talent de déjouer tous nos pronostics.

La bande-annonce

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