Dark Waters ★★★☆

Robert Bilott (Mark Ruffalo) est un avocat d’affaires dans une prestigieuse société d’avocats de Cincinnati spécialisée dans la défense des grands groupes industriels. Un paysan, proche de sa grand-mère, vient lui demander d’assurer sa défense : ses vaches meurent les unes après les autres et il suspecte la société DuPont d’avoir contaminé l’eau qu’elles boivent.
Commence pour l’avocat entêté une guérilla judiciaire contre l’un des plus grands groupes industriels au monde qui durera près de vingt ans.

Un homme. Seul. Face à l’Injustice.
Oui. Je devrais proposer mes services aux majors hollywoodiennes pour rédiger les trois mots qui barrent souvent leurs affiches. Ces trois là serviraient souvent : Mr Smith au Sénat, Du silence et des ombres, Révélations, Préjudice, etc. Leur variante « Une femme. Seule. contre l’injustice » aurait pu servir aussi pour illustrer Erin Brockovich – qui, dans sa version française a été affublée d’un sous-titre sursignifiant « Seule contre tous ». Les Américains aiment à opposer l’individu au « système ».

La formule n’en est pas moins efficace et elle fait mouche dans ce film inspiré de faits réels. Mark Ruffalo – qui l’a produit et qui y joue le rôle principal – y est, comme d’habitude, parfait. Il ballade sa silhouette de bouledogue dans le cinéma hollywoodien depuis une vingtaine d’années sans avoir atteint le statut de star qu’il mérite ; mais il réussit à chacune de ses apparitions à trouver le ton juste : Spotlight, Foxcatcher, Zodiac
Il est entouré d’une pléiade de seconds rôles efficaces : Anne Hathaway, dans le rôle ingrat de son épouse dévouée, Tim Robbins, son patron compréhensif, Bill Camp en paysan redneck, Bill Pullman qu’on n’avait plus vu depuis des lustres….

Dark Waters (les distributeurs français ont choisi de reprendre le titre original alors qu’en Espagne et au Portugal ils l’ont traduit par « Le Prix de la vérité » et en Allemagne par « La Vérité empoisonnée ») dure plus de deux heures. C’est long. Mais c’est le minimum syndical pour ce genre de films. La douleur humaine et l’entêtement ont besoin de temps pour se laisser appréhender.

La bande-annonce

Un commentaire sur “Dark Waters ★★★☆

  1. J’ai beaucoup aimé ce film et notamment sa photo, gris vert, plombée comme les eaux lourdes de Virginie Occidentale, un univers bouché, sans joie, sans lumière où Mark Ruffolo compose un personnage très captivant de révolté tranquille.

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