Quand le 4 août 2020, 2750 tonnes de nitrate d’ammonium explosent sur le port de Beyrouth, tuant 217 personnes, en blessant plus de 7000 et occasionnant des milliards de dollars de dégâts, le tournage du film Costa Brava, Lebanon de Mouna Akl était sur le point de commencer. Sous le choc, la production et la réalisatrice hésitent à tout laisser tomber. Mais la formidable énergie déployée par toute l’équipe du film aura raison de toutes les difficultés financières (la lire libanaise a perdu un tiers de sa valeur), sanitaires (le Covid fait rage), logistiques (des pluies diluviennes paralysent Beyrouth et détruisent les décors), administratives (l’acteur principal, le Palestinien Saleh Bakri, est bloqué à la frontière).
Danser sur un volcan ressemble à un making of. Un making of d’un film maudit, frappé par tous les coups durs qui puissent s’imaginer. La référence à Lost in La Mancha, le making of du Quichotte que Terry Gilliam n’a jamais réussi à boucler, vient aussitôt à l’esprit et est d’ailleurs cité par l’une des protagonistes. Si l’on n’a pas vu à sa sortie en 2023 Costa Brava Lebanon, ou si l’on n’a pas lu cette critique éhontément divulgâcheuse, on appréciera d’autant plus la première partie de ce documentaire qui laisse planer le suspense sur l’achèvement du film. Mais très vite, on comprend que les difficultés seront surmontées et que le tournage ira à son terme.
Danser sur un volcan comporte deux niveaux de lecture.
Le premier, le plus immédiat, le plus euphorisant aussi, est le tournage d’un film, réalisé par une équipe soudée par la même passion et la même bonne humeur. Le rire en cascade de la gironde productrice à chaque coup du sort constitue le meilleur antidote aux facéties du destin. On se demande si le documentariste, un peu trop bienveillant, n’a pas gommé au montage toutes les querelles ou bien si ce collectif a vraiment réussi à maintenir une telle harmonie pendant toute l’entreprise. Danser sur un volcan est un bel hommage au cinéma, un art artisanal, une patiente marqueterie qui nécessite l’assemblage et la synergie de tant de talents.
Le second, autrement plus désespérant, est le portrait en creux qu’il dessine du Liban. Un pays déchiré par la guerre civile, les agressions extérieures, la mauvaise gouvernance et l’absence de sens civique. L’explosion du 4 août 2020, produit de l’incurie et de la corruption, en est le sinistre symbole. L’incapacité de l’Etat libanais à mener l’enquête et à organiser un procès quatre ans plus tard en constitue hélas une illustration supplémentaire.
Here relève un défi sacrément culotté : tourner tout un film sans jamais bouger la caméra. Un film qui ne raconterait pas une histoire censée se dérouler en deux heures, en une semaine, voire l’espace d’une vie, mais qui remonterait aux dinosaures, à leur extermination sous une pluie d’astéroïdes et à la naissance de l’humanité.
Joan (India Hair), Alice (Camille Cottin) et Rebecca sont lyonnaises. Joan et Alice enseignent en collège l’anglais et l’histoire respectivement. Dans l’attente d’un poste, Rebecca, professeure d’arts plastiques, est employée au musée gallo-romain de Fourvière. Joan vit avec Victor (Vincent Macaigne) mais elle n’est plus amoureuse de son conjoint et hésite à le lui dire. Alice lui oppose le modèle du couple qu’elle forme avec Eric (Grégoire Ludig) : un couple soudé mais sans amour. Rebecca entretient quant à elle une relation secrète avec un homme marié… qui s’avère être Eric lui-même.
François Ruffin et Gilles Perret sont de retour. Après
Marin Karmitz est connu pour être producteur de films et distributeur dans des salles qui portent les initiales de son nom. Moins connues sont sa passion pour la photographie et l’impressionnante collection qu’il a rassemblée au fil des ans. Une exposition lui était consacrée l’an dernier au Centre Pompidou. Y étaient exposées des oeuvres de la collection privée de Marin Karmitz et d’autres du fonds du Musée national d’art moderne.
À Clairvaux, dans l’Aube, Bernard fonda au début du XIIème siècle une abbaye cistercienne qui eut une grande renommée. Ses moines en furent chassés à la Révolution française et l’abbaye fut transformée en prison. Jusqu’à sa fermeture en 2023, la maison centrale de Clairvaux accueillit des détenus condamnés à de longues peines.
Né au Mali en 1948, Bouba Touré a immigré en France à la fin des années 60, a travaillé chez Chausson, un équipementier automobile, a connu la misère des foyers de travailleurs, a fréquenté les bancs de l’université de Vincennes et a participé aux mouvements protestataires qui dénonçaient les conditions d’accueil des travailleurs africains en France. En 1977, avec une dizaine d’immigrés maliens en France, il a décidé de revenir chez lui, dans la région de Kayes, sur les rives du fleuve Sénégal, et d’y créer une coopérative. Jusqu’à sa mort début 2022, il a vécu à cheval entre la France et le Mali et, en marge de son travail de projectionniste dans des salles de cinéma parisiennes, s’est érigé en mémoire vivante de l’immigration africaine à Paris.
Emprisonné à l’hôpital psychiatrique Arkhan après les crimes qu’il a commis, Arthur Fleck (Joaquin Phenix) attend son procès. Il fait la rencontre d’une autre internée, Lee Quinzel (Lady Gaga). La passion de la musique les rapproche. Le procès du Joker commence.
Un instituteur, Nader, est affecté dans un minuscule village au milieu du désert saoudien. Il y a la charge d’apprendre à lire et à écrire à quelques gamins dépenaillés. Pour encourager l’un d’entre eux, particulièrement doué, il dessine son portrait. Le dessin arrive entre les mains de sa sœur aînée, Norah, une orpheline élevée par sa tante, qui rêve d’émancipation, mais dont l’avenir est hypothéqué par un mariage arrangé avec un jeune garçon de la tribu. Norah, au mépris des règles qui le lui interdisent, se met en tête de demander à Nader de dessiner son portrait.
Ben (Jason Schwartzman) est chantre dans une synagogue. Il vient de perdre sa femme et sa voix. Sa mère, remariée avec une immigrée philippine convertie au judaïsme, se ronge les sangs pour lui. Son rabbin souhaite lui présenter sa fille. Mais Ben est étrangement attiré par Carla O’Connor, son ancienne professeure de musique au collège, de trente ans son aînée, qui prépare sa bat-mitsvah.