Deux immigrés roumain et bulgare montent clandestinement à bord d’un porte-conteneur. Il appareille d’Espagne vers l’Amérique. L’un d’eux est rapidement découvert. L’autre réussit à se cacher avec la complicité d’un contre-maître taïwanais.
Inspiré de faits réels, qui se sont déroulés à la fin des années 90, To the North est un film en huis clos qui se déroule en haute mer. Il met en scène quelques rares personnages exclusivement masculins qui incarnent, chacun à leur façon, une valeur. Dumitru est un jeune immigré roumain hanté par l’instinct de survie. Joel est ce marin philippin vieillissant, profondément croyant, que le sort de Dumitru émeut. Le capitaine Tsai incarne l’autorité.
Ceci étant posé, le scénario aurait pu s’orienter dans le sens le plus attendu : celui du film d’action, avec son lot de rebondissements. On aurait pu imaginer par exemple que Dumitru soit découvert par le capitaine Tsai, qu’il soit placé sous écrou, qu’il réussisse à s’enfuir avec la complicité de Joel, que Tsai se venge sur Joel de cette évasion, que Dumitru tente le tout pour le tout pour sauver Joel, etc.
Tel n’est pas le parti que prend le film. Il choisit un scénario beaucoup plus lent sinon statique. Il préfère scruter les âmes de chacun des protagonistes et interroger leurs valeurs, à rebours de la présentation manichéenne que j’en ai faite. Ce parti-là était stimulant et intelligent. Mais hélas, le résultat est assez décevant. À force de tout relativiser, To the North s’égare. Et sa fin ouverte sonne comme un aveu d’échec : faute d’être capable de départager les adversaires, le scénario nous laisse nous débrouiller avec eux.