
Placée sous embargo international après la première guerre du Golfe au début des années 1990,, la population irakienne a vu ses conditions de vie se dégrader. La jeune Lamia vit dans les marais de Mésopotamie, entre le Tigre et l’Euphrate, sur une maison flottante. Sa grand-mère vieillissante en a la charge. Lamia est tirée au sort par son maître d’école pour préparer le gâteau d’anniversaire traditionnellement offert chaque année au raïs Saddam Hussein. Pour le confectionner, il lui faudra en rassembler les ingrédients.
Sorti fin décembre, après un passage à Cannes, Une enfance allemande avait pour fil rouge la confection par un gamin d’un gâteau pour sa mère. Lui aussi passé par Cannes l’an dernier, où il a reçu le prix du public de la Quinzaine des cinéastes et la Caméra d’or, Le Gâteau du président utilise le même prétexte pour atteindre deux objectifs.
Le premier est dramaturgique : Le Gâteau du président met en scène, comme Jeux interdits en son temps, une fillette et un garçonnet qui découvrent avec les yeux de l’innocence le monde des adultes. Le second est plus politique : Le Gâteau du président raconte l’Irak de Saddam Hussein, le culte de la personnalité qui y prévalait et l’endoctrinement de toute la population, à commencer par celle des enfants.
Le résultat éveille l’intérêt. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit des films irakiens – on était resté sur le souvenir malaisant du documentaire consacré à la traque de Saddam Hussein en 2003, Hiding Saddam Hussein. Pour autant, Le Gâteau du président, qui aurait pu être tourné à l’identique trente ans plus tôt, ne nous fait pas une proposition de cinéma suffisamment originale pour marquer durablement les esprits.