Orphelin ★☆☆☆

Andor est un gamin juif né pendant la Seconde Guerre mondiale en Hongrie. Il a grandi dans un orphelinat avant d’être élevé par Klara, sa mère. Son père n’est jamais revenu des camps. Un boucher taiseux débarque à Budapest en 1957, quelques mois après l’insurrection matée par les chars soviétiques. Il avait protégé Klara pendant la guerre. Il affirme être le père biologique d’Andor.

Né en 1977, formé à Paris, ancien assistant de Béla Tarr, l’immense réalisateur hongrois récemment décédé – auquel le Reflet Médicis a consacré une rétrospective, programmant notamment son Sátántangó dans sa version de 7h30), László Nemes a fait une entrée fracassante dans le monde du cinéma avec son premier long, Le Fils de Saul, Grand Prix à Cannes en 2015 et Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2016. Après cette plongée asphyxiante au cœur même des chambres à gaz d’Auschwitz, son deuxième film, Sunset en 2019, fut un retentissant échec critique et public. J’avais détesté cet interminable plan-séquence tourné sur les pas d’une jeune héroïne au crépuscule de l’empire austro-hongrois.

Avec son troisième film, le (plus si) jeune réalisateur hongrois a changé sa manière de faire. Il a renoncé, et c’est tant mieux, à certaines afféteries : des plans-séquences étendus au-delà du supportable, des très gros plans sur ses personnages laissant dans le flou tout l’arrière-plan, une bande son bruyante et cacophonique censée témoigner du chaos du monde. Orphelin est d’une facture beaucoup plus classique. Et c’est d’ailleurs là que le bât blesse.

Orphelin est trop classique. Il n’y a rien d’original dans son scénario, dans son éclairage, dans son montage, dans ses décors, dans le jeu de ses acteurs – aussi bluffante que soit la performance de Grégory Gadebois qui a lui-même joué en hongrois sans comprendre un mot de ses textes. Le même film aurait pu être tourné, à l’image près, il y a dix ans, vingt ans, trente ans….

Ce manque d’originalité n’est pas le seul défaut du film. Son second est sa longueur. Il s’étire sur plus de deux heurs d’horloge. Aurait-il été resserré d’une demi-heure, il aurait été plus percutant.

La bande-annonce

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