L’Île de la Demoiselle ★★☆☆

Au XVIe siècle, découvrant qu’elle n’était plus vierge, le vice-roi du Canada abandonne sa fiancée, Marguerite de la Rocque, sur une île déserte, au large de Terre-Neuve, en compagnie de sa servante et de l’homme qui avait abusé de Marguerite.

Le réalisateur belge Micha Wald s’est inspiré d’une histoire vraie évoquée dans son Heptaméron par Marguerite de Navarre, qu’interprète Alexandra Lamy qu’on croirait tout droit sortie de Peau d’Âne. Pour ce faire, il est allé tourner à l’île d’Ouessant en Bretagne, sur des falaises battues par les vents, fouettées par une mer tempétueuse. On imagine volontiers les difficultés techniques du tournage et les sacrifices des acteurs, continuellement trempés par la pluie ou plongés dans une eau glaciale.

Les conditions extrêmes du tournage donnent au film une dimension héroïque. Son autre qualité est l’interprétation fiévreuse de Salomé Dewaels, César du meilleur espoir féminin 2022 pour Illusions perdues. Elle incarne une double impuissance : face aux hommes qui violent son corps et décident de son destin et face à une nature ingrate et inhospitalière. Pour survivre, elle doit faire preuve d’une résistance qui force l’admiration.

Micha Wald investit un genre décidément à la mode : le survival féministe. Les esprits chagrins pourraient trouver que beaucoup de concepts contemporains sont à tort ou à raison plaqués sur cette histoire, voulant à tout prix lui donner une actualité qu’elle n’a pas : le patriarcat, la résilience, sans oublier la sororité pour évoquer la relation entre Marguerite et sa servante (l’étonnante Candice Bouchet). Ce serait un peu mesquin, mais pas entièrement faux.

La bande-annonce

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