The Drama ★☆☆☆

Charlie (Robert Pattinson) et Emma (Zendaya) se fréquentent depuis deux ans. Ils ont décidé de se marier. Ils préparent le grand jour avec leurs témoins, Rachel (Alana Haim, découverte dans Licorice Pizza) et Mike (Mamadou Athie). Au cours d’une soirée un peu trop arrosée, les deux couples se livrent à un jeu de la vérité qui va hypothéquer la cérémonie à venir.

The Drama est un film qui ne ressortit pas aux canons  hollywoodiens habituels. À ce titre, son audace mérite d’être saluée. Mais cette audace produit un son discordant.

Avec deux des stars les plus sexy du moment, qui attireront sur la promesse de leurs seuls noms des millions de spectateurs enamourés (le film a fait un excellent démarrage aux Etats-Unis ce week-end), on attendait une comédie romantique standardisée et prévisible de la première à la dernière minute. C’était mal connaître le réalisateur norvégien Kristoffer Borgli, auteur du dérangeant Sick of Myself et, après son recrutement chez la société de production la plus branchée d’Hollywood, A24, de Dream Scenario. Rejetant les codes bien établis de la RomCom, Borgli déstructure la chronologie et gratte là où ça fait mal.

Pour en parler, il faut évoquer ce jeu de la vérité auquel les deux promis se livrent, quelques heures avant leur mariage. Les lecteurs qui craignent, à bon droit, le divulgâchage ont intérêt à interrompre leur lecture ici. Rachel avoue avoir enfermé son voisin attardé dans un placard, Charlie d’avoir cyberharcelé un camarade. Emma, elle, confesse, avoir planifié sans avoir mis son projet à exécution un school shooting. Cet aveu provoque chez Charlie et ses témoins, qui l’exhortent à annuler la cérémonie, une réaction qui m’a semblé disproportionnée. Est-ce parce que je ne suis pas Américain et que je suis moins sensibilisé aux « tueries en milieu scolaire » – ainsi qu’il convient de les qualifier en bon français ? ou parce que je minore la gravité de la préméditation d’un crime sans passage à l’acte ? Toute l’économie du film, qui repose sur ce seul élément, en souffre à mon avis.

Ceci étant, The Drama n’en pose pas moins des questions intéressantes. Deux d’abord, assez banales : connaît-on vraiment l’Autre ? et dans quelle mesure les révélations qu’on apprend peuvent-elles/doivent-elles nous conduire à réviser notre opinion sur lui ? Une troisième, plus philosophique : dans quelle mesure sommes-nous coupables d’actes que nous avons envisagés mais que nous n’avons jamais pour autant commis ?

La façon dont il y répond, dans le dernier tiers du film n’a pas hélas l’audace de la radicalité du reste du film. L’ultime scène, banalement prévisible, réjouira peut-être les fans de Robert et de Zendaya mais m’a particulièrement navré.

La bande-annonce

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