Savez-vous ce qu’est le polyamour ? Le terme nous vient de l’américain polyamory – parfois traduit polyamorie. Il se répand avec le livre The Ethical Slut publié en 1997. Françoise Simpère qui le vulgarise en France lui préfère le terme de lutinage.
Le polyamour est la possibilité de vivre simultanément plusieurs relations sans tromperie ni mensonge. Le polyamour prône une non-exclusivité sexuelle et sentimentale librement consentie. Le polyamour, qu’on le vive seul.e (on parle de solo-poly), à deux, à trois ou à plus, entend dépasser le couple. Il se distingue de l’infidélité ou du donjuanisme – qui est une forme de non-exclusivité mais pas librement consentie – du libertinage – qui prône une liberté sexuelle mais pas amoureuse – ou de la polygamie – qui réduit la relation au cadre matrimonial. C’est une nouvelle forme de féminisme qui place les deux parties du couple sur un pied d’égalité.
Le sujet est intéressant et méritait un documentaire. On imagine volontiers qu’il aurait pu s’organiser autour de l’interview face caméra de tout un panel de sociologues et de polyamoureux, sur le même mode que celui récemment utilisé par Amandine Gay pour donner la parole aux femmes noires (Ouvrir la voix).
Mais Isabelle Broué ne se laisse pas aller à cette facilité. Elle préfère construire une histoire autobiographique dont elle serait l’héroïne, se filmant en train d’interviewer quelques personnalités marquantes du polyamour, et filmant aussi son couple que le tournage de ce film met à mal. Cette voie-là, les amours contrariées d’une quarantenaire, n’est pas sans rappeler l’excellent Jeune femme ou le non moins excellent Victoria. Ce parti-pris est est charmant. Mais ce n’est pas encore sur le terrain de la comédie romantique que Lutine est le plus intéressant.
Car Lutine a plusieurs tiroirs et cache un troisième film. Un film que n’annonce ni son titre ni son affiche et qu’à moitié son pitch. Lutine est un film sur une réalisatrice, intello bohème, diplômée de la Fémis, en panne d’inspiration et de financement depuis son dernier film tourné dix ans plus tôt, en train de tourner son film. Et il le fait avec une auto-dérision, avec une sincérité, avec une malice, avec une intelligence qui forcent l’admiration. En phase avec son temps, Lutine a la liberté de ton, la simplicité des meilleurs films français, petits par leur budget, mais pas par le talent de leur réalisateur : Antonin Peretjako, Guillaume Brac, Antoine Desrosières, Sophie Letourneur…
Au départ, on a l’impression d’être embarqué dans une entreprise que l’héroïne, un peu bordélique, ne sait pas vraiment comment mener à bien. Le scénario et les acteurs eux-mêmes font de constants allers-retours entre la réalité et le film : ainsi de Philippe Rebbot, excellent comme toujours, qui joue tout à la fois le rôle d’un producteur médiocrement réceptif au projet de d’Isa, puis celui de Philippe, l’acteur qui joue le rôle de l’amoureux d’Isa car celui-ci – lui-même interprété par l’acteur Mathieu Bisson – refuse d’y jouer, avant de jouer aussi le rôle de Philippe dans le film d’Isa. Au bout d’un moment, le spectateur s’y perd (comment Philippe peut-il à la fois jouer le rôle de l’amoureux d’Isa et le sien dans le film d’Isa ?) et les personnages eux-mêmes font mine de s’y perdre aussi.
Mais tout est parfaitement contrôlé. Si Lutine a des faux airs de making-of, son écriture au cordeau ne laisse aucune place à l’improvisation ou à la sortie de route. Le résultat réussit à être à la fois d’une étonnante spontanéité et d’une parfaite maîtrise.
À la fin de cette « comédie romantique de fiction documentée », on n’en sait hélas guère plus sur le polyamour ; mais on est tombé sous le charme d’Isabelle Broué, aussi talentueuse devant que derrière la caméra. Et on n’espère ne pas avoir à attendre dix ans pour voir son prochain film.
1972. Mason Silkes (Jon Hamm) est un diplomate promis à un brillant avenir. Ministre-conseiller à l’ambassade américaine à Beyrouth, il reçoit avec sa femme Nicole (Leila Beikhti) et son fils adoptif Karim tout le gratin libanais dans sa belle résidence. Mais un groupe terroriste tue Nicole et kidnappe Karim.
Nisha a seize ans. D’origine pakistanaise, elle vit en Norvège avec son père qui s’est sacrifié pour donner à ses enfants l’espoir d’une vie meilleure, sa mère, son frère aîné qui rêve de faire des études de médecine et sa sœur cadette qui n’est pas encore sortie de l’enfance. Nisha a les loisirs ordinaires des adolescentes norvégiennes de son âge : elle joue au basket, envoie des SMS, flirte avec des garçons… Mais ses parents, soucieux de « ce que les gens disent » (pour traduire mot à mot le titre norvégien), surveillent étroitement l’éducation de leur fille. Tout bascule quand le père de Nisha la surprend dans sa chambre en compagnie d’un garçon.
Mia travaille dans un petit hôtel à moitié vide d’une station balnéaire chinoise. Une nuit, un homme s’enregistre avec deux jeunes filles. Il loue deux chambres, s’installe dans la première et les deux filles dans la seconde. Mais grâce aux caméras de surveillance, Mia découvre qu’il les rejoint nuitamment et enregistre la scène sur son téléphone portable.
Laura (Penelope Cruz) a émigré en Argentine pour y épouser Alejandro (Ricardo Darin). Elle revient en Espagne avec ses deux enfants pour le mariage de sa sœur. Elle y retrouve, dans la joie des festivités toute sa famille ainsi que Paco (Javier Bardem) son amour de jeunesse, qui a repris l’exploitation viticole familiale.
Productrice de télé survoltée, Nathalie (Léa Drucker) pend la crémaillère de la belle maison qu’elle vient d’acquérir « à trente-cinq minutes de Paris à vol d’oiseau »… mais un peu plus en voiture. Autour d’elle, sa sœur Hélène, toujours prête à s’engager pour la cause des déshérités au risque de négliger ses proches, l’ex-mari d’Hélène, Castro (Jean-Pierre Bacri) dont le talk-show racoleur produit par Nathalie connaît une perte de popularité, son chauffeur (Kevin Azaïs), la fille de Castro et d’Hélène, Nina (Nina Meurisse) qui va publier un roman à clés où elle caricature ses parents, la nouvelle femme de Castro, Vanessa (Hélène Noguera), ancienne miss Météo rêvant de monter sur les planches, Jean-Paul (Frédéric Dupont), l’homme dont Hélène est depuis toujours amoureuse, Biggistar, une nouvelle star de YouTube, etc.
Récemment dévoilées par l’historienne américaine à Harvard Jill Lepore (The Secret History of Wonder Woman, 2014), la vie et l’oeuvre du professeur William Marston ont de quoi choquer les ligues de vertu. Dans l’entre-deux guerres, il enseignait avec sa femme Elizabeth – que la misogynie des temps avaient empêché de soutenir un PhD – la psychologie dans un collège de jeunes filles de la Côte Est. Le couple inventa le détecteur de mensonges en 1922. Pour les aider dans leurs recherches, William et Elizabeth recrutent et séduisent la jeune Olive Byrne, la nièce de Margaret Sanger, la fondatrice du féminisme moderne.
Nassim est franco-marocain. Il a grandi à Bollène. Il est parti à Dubaï gagner sa vie dans la finance et épouser une Américaine.
On a tous vu Le Grand bleu. Une fois au moins pour toutes les personnes de mon âge, même celles qui cet été-là n’allèrent voir qu’un seul film. Cinq en ce qui me concerne – y compris la version longue. Vingt-quatre pour un ami particulièrement addict qui a passé tout l’été 1988 à le regarder en boucle.
Une mystérieuse soucoupe volante se pose dans le centre de Washington. Deux créatures en sortent devant une foule nombreuse et un cordon de police. Klaatu, un extra-terrestre, déclare venir en paix ; mais, lorsqu’il tire de sa veste un cadeau pour ses hôtes, un soldat nerveux tire et le blesse. Gort, un géant qui l’accompagne, réplique en désarmant d’un rayon laser hyperpuissant les militaires présents.