Anna est sarde. Après quelques années sur le continent, elle est revenue exploiter la terre de son père et y élever quelques chèvres. Mais son indépendance durement reconquise est mise à mal par la construction d’un complexe hôtelier à ses portes. S’engage pour elle une longue bataille juridique face à l’hostilité de tous les habitants du village avec le seul soutien d’un avocat bienveillant qui accepte de la défendre.
Après la Corse, la Sardaigne. Trois semaines seulement après Le Mohican arrive sur les écrans, avec une distribution beaucoup plus resserrée, ce film italien, largement tourné en dialecte sarde. J’avais déjà eu un avant-goût de sa sonorité grâce aux livres de Milena Agus (Mal de pierres, Battement d’ailes) ; mais je crois que c’est la première fois que je l’entends au cinéma.
Anna rappelle Joseph, le héros du Mohican. Elle dirige seule une exploitation agricole. Elle refuse de la céder aux promoteurs immobiliers. Elle engage une lutte à la vie à la mort pour y rester. Joseph ne parlait quasiment pas. Son refus se traduisait par des gestes. Anna, elle, utilise ce qu’elle a : sa rage éruptive et désordonnée que son patient avocat essaie de canaliser.
L’enjeu pour Anna est de prouver que la terre qu’elle occupe lui appartient. À défaut de documents cadastraux qui l’attestent, Anna s’emploie à démontrer la propriété par usucapion (le mot du jour !) : cette propriété est la sienne car elle l’a héritée de son père qui l’a continûment occupée et exploitée pendant des dizaines d’années. Seul problème : les villageois susceptibles de témoigner en sa faveur s’y refusent car la construction de ce complexe hôtelier est, pour eux et pour leurs enfants, la promesse d’un afflux de capitaux et d’emplois qui ressuscitera ce bourg anémié par l’exode rural.
Ainsi posé, l’enjeu du film est simple. Son réalisateur, venu du documentaire, a le don de lui donner de la chair. Son scénario maintient la tension tout le long du film. Même si son entêtement est horripilant, même si un peu plus de diplomatie et de conciliation ne lui nuiraient pas, on prend vite fait et cause pour Anna, on s’émeut avec elle de son passé traumatique qui nous est progressivement révélé, on tremble qu’elle soit expulsée de sa terre et [attention spoiler] on se réjouit qu’elle réussisse finalement à s’y maintenir.
Shiori Ito accuse Noriuki Yamaguchi, un journaliste proche du Premier ministre, Shinzo Abe, de l’avoir droguée et violée le 3 avril 2015 dans un hôtel tokyoite. Le journaliste s’en défend en affirmant que la jeune femme, qui candidatait à un stage dans son journal, était consentante. Après avoir déposé plainte sans succès, Shiori Ito a décidé de rendre l’affaire publique en 2017. Elle a publié un livre, Black Box, qui eut beaucoup d’écho alors que la vague #MeToo partie des Etats-Unis touchait enfin le Japon.

Elisa (Judith Davis) quitte Paris le temps d’un week-end pour retrouver sa vieille amie Elisa (Claire Dumas) partie s’installer à la campagne avec son mari et ses trois enfants. Tout proche, un ancien hôpital psychiatrique transformé en ZAD accueille des locataires de passage. Il est menacé d’expropriation par un couple d’entrepreneurs sans scrupules.
Elisabeth est convoquée à l’école de son fils, Armand, six ans. Sarah et Anders accusent l’enfant d’avoir agressé leur fils Jon. La maîtresse des deux enfants est une jeune institutrice inexpérimentée et pleine de bonnes intentions qui essaie d’assurer une médiation entre les trois adultes. Vite dépassée par leur hostilité, elle passe le relais au directeur de l’école.
George Woodhouse (Michael Fassbender) et sa femme Kathryn (Cate Blanchett) travaillent ensemble dans un service de contre-espionnage britannique dirigé par Arthur Stieglitz (Pierce Brosnan). George est chargé d’identifier une taupe. Sa propre femme figure parmi les suspects potentiels.
Yvonne Nguyen nourrit depuis son enfance un seul rêve : devenir une actrice de comédie musicale. Mais ses traits asiatiques l’ont jusqu’à présent cantonnée (!) dans des rôles de figuration ou dans des animations dans des supermarchés. Sa mère, chez qui elle se réinstalle après une rupture amoureuse, a la dent dure avec elle. Loin de la soutenir dans sa carrière artistique, elle ne lui voit qu’un seul avenir : reprendre le restaurant familial.