Joy est un film déroutant. Avec Jennifer Lawrence et Bradley Cooper, on escompte une comédie romantique gentiment superficielle qui se conclura logiquement par la réunion des deux sex symbols les plus bankable du cinéma américain sous les yeux complices de Robert De Niro et Isabella Rossellini – dont la présence est censée attirer les seniors. Il n’en est rien.
Joy n’est pas une comédie romantique. Ce n’est pas non plus une ode aux valeurs familiales ni à l’amour. Joy est un film totalement dépourvu de la tendresse sirupeuse dans laquelle s’engluent bon nombre de films américains. Pour autant, Joy n’évite pas le piège d’un autre type de bien-pensance : celui de l’éloge d’un certain modèle américain. La success story entrepreneuriale. Vous êtes divorcée ? Vous vivez chez vos parents avec vos deux gamins ? Vous gagnez une misère dans un boulot harassant ? N’ayez pas peur ! La réussite est au bout du chemin si vous serrez les dents et croyez dans vos rêves.
La recette fonctionnait plutôt bien avec Julia Roberts dans Erin Brockovich. Elle ne fonctionne pas avec Jennifer Lawrence, trop jeune, trop lisse, pour être crédible dans le rôle d’une housewife rêvant de commercialiser une serpillière révolutionnaire.
Ixcanul est un film guatémaltèque. Son titre et son pedigree semblent le condamner à un genre quasi documentaire. Sa première partie le confirme : on y découvre Maria qui vit auprès de ses parents, au pied du volcan Ixcanul. Elle aimerait suivre Pepe, son amoureux, qui rêve de s’exiler aux États-Unis ; mais ses parents souhaitent la marier au fils de leur métayer.
« Nous trois ou rien » c’est « Persepolis » + « L’Arabe du futur ». Soit, sur les traces de Marjane Satrapi et sur celles de Riad Sattouf, l’autobiographie d’une famille qui fuit la dictature pour s’installer en France. À me faire regretter d’être le fils d’un vétérinaire varois qui, du fait de cette filiation bien peu romanesque, n’écrira jamais de best-seller autofictionnel !
Le cinéma russe n’en finit pas de démontrer sa vitalité. Après Léviathan en 2014 et Classe à part en 2015, L’Idiot ! vient d’être couronné au Festival de cinéma européen des Arcs.
Le battage médiatique autour de Star Wars VII m’avait porté sur les nerfs. Aussi avais-je quelque prévention à aller, tel un mouton de Panurge, le voir dès sa sortie. Mais l’enthousiasme de mes ados est venu à bout de mes réticences. Et dès le cultissime générique (A long time ago in a galaxy far far away) la musique de John Williams m’a transporté.
J’ai déjà dit ici combien la miniaturisation était en train de révolutionner le cinéma.
Volontairement ou pas, le titre du film et son affiche miroitent (et je ne dis pas cela parce que Rebecka Josephson se regarde dans la glace !). Le titre annonce une sœur maigrichonne ; l’affiche nous montre une fille rondelette. Alors ? Erreur d’indexation ?
Grâce aux progrès technologiques, on peut aujourd’hui tourner un film avec un téléphone portable. Nous sommes donc tous devenus, pour le meilleur et pour le pire, des cinéastes en puissance.
Le teen movie est un style à part entière outre-Atlantique dont l’excellent documentaire « Beyond Clueless » a récemment rappelé les ressorts obligés : un nouveau/une nouvelle arrive dans un lycée, y est froidement accueilli(e) mais finit par s’y intégrer. On en a tous vu un jour ou l’autre : Grease, American Graffiti, Lolita malgré moi (un titre à vomir … et un film à voir)