La vingtaine, Étienne monte à Paris poursuivre ses études de cinéma. Il laisse derrière lui Lucie, sa petite amie, dont sa nouvelle vie va lentement mais sûrement l’éloigner. Il partage un appartement avec Valentina puis avec Annabelle, qui préfère aux bancs de l’université l’ambiance militante des luttes prolétariennes et dont il tombe amoureux. Il se fait des amis à Paris VIII, en classe de cinéma, Jean-Noël, un fidèle second, toujours de bonne humeur, et surtout Mathias qui embrasse une conception intransigeante de son art au risque de se mettre ses camarades à dos.
Il existe une bonne demie-douzaine de raisons de détester ces Provinciales. Son titre prétentieux, avec son adjectif possessif, singulier et narcissique, sa référence prétentieuse à Pascal (il y vilipendait les « petits arrangements » des Jésuites). Son noir et blanc chichiteux. Le jeu artificiel de ses acteurs qu’illustre par exemple une scène de classe aux dialogues trop lus. La vie oisive sans compas ni boussole de ses personnages. Leur manichéisme dans l’opposition entre William, qui ne jure que par Fincher et Verhoeven, et Mathias, qui se réclame de Murnau et de Ford.
Mais, on pourrait aussi, pour les mêmes exactes raisons, y voir un des meilleurs films de l’année.
Mes Provinciales n’emprunte pas seulement au titre de Pascal et à son sujet, mais aussi à cette faune de Parisiens que nous avons tous connus et dont nous avons parfois fait partie, d’autant plus « parisiens » qu’ils n’étaient pas nés dans la capitale, qu’ils venaient d’y « monter » et qu’ils étaient désireux d’en comprendre les codes et d’en adopter les tics.
Un noir et blanc qui donne au film une patine intemporelle – même si l’actualité la plus récente est évoquée incidemment qu’il s’agisse de l’élection d’Emmanuel Macron ou des ZAD – et filme au plus près des visages encore adolescents d’une émouvante beauté.
Une pléiade d’acteurs qu’on a déjà vus dans des petits films français et qui déploient, avec la grâce touchante de leurs vingt ans un jeu tout en nuance : Andranic (quel drôle de prénom) Manet, le double autobiographique du réalisateur, l’incandescente Sophie Verbeeck (Le Collier rouge), la fragile Diane Rouxel (Les Garçons sauvages), la mutine Jenna Thiam (L’Indomptée, L’Année prochaine), Corentin Fila (Quand on a 17 ans)…
Des dialogues sans doute trop écrits, mais d’une rare profondeur, comme l’illustre précisément cette scène de classe où s’affrontent deux conceptions antinomiques du cinéma, l’une guidée par le plaisir qu’il doit donner au spectateur, l’autre campée sur l’intransigeance de sa seule pureté.
Et enfin la vie tout simplement. Celle de ces jeunes adultes que nous avons tous été, au temps où l’horizon des possibles nous était infini, au temps où nous étions sur le point de réussir notre vie, au risque de la rater, avant tout bêtement que de la vivre.
En 2045, l’humanité se morfond dans des villes surpeuplées et polluées. Pour échapper au quotidien, les habitants se réfugient dans des mondes parallèles. L’Oasis est le plus populaire. L’inventeur de cette réalité virtuelle vient de mourir à la tête d’une immense fortune. Il propose de la céder à qui trouvera « l’œuf de Pâques » qu’il a caché dans un recoin du jeu.
Le soir du 28 février 1953, après de copieuses libations en compagnie de Malenkov, Béria, Khrouchtchev et Molotov, Joseph Staline, le tout puissant secrétaire général de l’Union soviétique, est victime d’une attaque cérébrale. Son corps, trempé d’urine, est découvert au matin par sa gouvernante. Sa garde rapprochée accourt. Personne n’ose toucher le corps de peur de commettre un acte fatal qui lui serait immédiatement reproché. Les meilleurs docteurs, dont Staline redoutait qu’ils attentent à sa vie, ont été déportés au goulag.
À Madrid, de nos jours, Carmen est mariée à Carlos, un grutier qui passe son temps à regarder le foot à la télé et à l’agonir d’injures. Jusqu’au jour où Carlos est hypnotisé et change du tout au tout. Le butor devient un mari aimant, excellent danseur, qui passe l’aspirateur et apporte à sa femme le petit déjeuner au lit.
Moll (Jessie Buckley) étouffe. Elle n’en peut plus de Jersey, l’île battue par les vents, trop petite et trop sage, où elle a grandi. Elle n’en peut plus de son travail de guide touristique. Elle n’en peut plus de de son père atteint d’Alzheimer qui nécessite des soins de chaque instant, de sa mère qui surveille chacune de ses sorties, de sa sœur qui affiche fièrement sa félicité conjugale au bras d’un pilote de ligne.
Katie a la vie dure mais garde le sourire. Elle vit seule avec sa mère dans un bled perdu au fond de l’Arizona. Elle rêve de partir à San Francisco et de changer de vie. Elle travaille dans un café et, pour faire bouillir la marmite, se donne avec une sincérité désarmante aux plus offrants pour une poignée de dollars.
Couple à la ville, couple à l’écran. Javier Bardem et Penelope Cruz constituent depuis 2007 l’un des couples les plus hype de Hollywood. Ils vont faire ensemble l’ouverture du Festival de Cannes avec le prochain film du réalisateur iranien Ashgar Fahradi Everybody knows. Mais, un an plus tôt, ils avaient filmé sous la direction de leur compatriote Fernando León de Aranoa ce biopic de l’Empereur de la drogue.
Dans un Japon dystopique, situé dans les années 2040, le maire Kobayashi prend prétexte d’une épidémie de grippe canine pour bannir les chiens de la ville de Megasaki sur une île transformée en immense dépotoir. Malade, affamée, la population canine y survit misérablement.
Tony Webster est rattrapé par son passé. Ce vieux divorcé londonien dont la fille unique est sur le point d’accoucher reçoit un beau matin un courrier lui annonçant la mort de Sarah Ford, la mère de Veronica, une fille dont il fut amoureux à l’université de Cambridge dans les années 60. Cette lettre annonce un héritage : un carnet intime.
Le cadavre calciné d’un chef d’entreprise est retrouvé sur les berges d’une rivière. Misumi, un ancien employé qui venait d’être licencié, avoue immédiatement aux policiers sa culpabilité. Son lourd passé criminel (il a commis trente ans plus tôt un double homicide) fait de lui le coupable tout désigné.