
Quatre femmes se croisent à Paris lors de la Fashion Week.
Maxine (Angelina Jolie), une réalisatrice américaine de films Z, a été choisie par une maison de haute couture pour réaliser le vidéo-clip qui accompagnera son défilé.
Ada (Anyer Anei) est une jeune mannequin sud-soudanaise qui fait ses premiers pas sur les catwalks.
Angèle (Ella Rumpf) est une maquilleuse qui court les shootings pour gagner sa vie mais aspire à devenir écrivaine et noircit des carnets.
Christine (Garance Marillier) est une couturière qui s’est vu confier le soin de réaliser la robe qui fera l’ouverture du défilé.
Scénariste de tous ses films (Augustine, Maryland, Proxima, Revoir Paris), Alice Winocour choisit une fois encore de donner le premier rôle aux femmes. Cette fois-ci, elle opte pour le film choral. C’est donc par une narration éclatée que nous découvrirons tour à tour l’histoire de Maxine, d’Ada, d’Angèle et de Christine.
Le procédé a ses inconvénients, bien connus, que Coutures n’évite pas : certaines histoires sont plus intéressantes que d’autres, certaines prennent plus de place que d’autres. Ici, la balance penche en faveur d’Angelina Jolie dont le statut de star et aussi l’indéniable charisme ont conduit la réalisatrice à lui donner la part du lion. Son histoire envahit le film au détriment des trois autres actrices, notamment au détriment de Garance Marillier dont le personnage est réduit à quasiment rien. Celui d’Angelina Jolie bénéficie au contraire de longs développements qui nuisent à la cohérence du récit même s’ils approfondissent le personnage : un oncologue plein d’empathie (Vincent Lindon) lui annonce qu’elle souffre d’un cancer du sein et un assistant réalisateur affectueux (Louis Garrel) lui apporte la tendresse dont elle a cruellement besoin.
Coutures m’a semblé être un exercice de style un peu vain, une ronde sans centre, une roue sans moyeu. Si le sujet du film est la haute couture, Alice Winocour aurait dû le raconter autrement, prendre une autre focale pour décrire le travail minutieux des couturières, la beauté fragile des modèles, le talent des artistes et la superficialité de ce luxe « inutile et nécessaire ». On lui préfèrera les documentaires autrement plus éclairants sur Yves Saint Laurent ou Olivier Rousteing.








