Billie Melody ☆☆☆☆

Le père (Roschdy Zem) de Billie meurt brutalement. C’était un musicien raté, qui soignait son mal de vivre dans l’alcool, mais aussi un père aimant. Sa mère (Julia Faure), brisée par le chagrin, déménage à Nantes avec ses deux enfants, Billie et Ruben, son frère aîné. Billie ne se remet pas de la mort de son père et veut en faire porter la responsabilité à sa mère.

Comment oser éliminer le personnage interprété par Roschdy Zem après seulement un quart d’heure de film ? La réalisatrice Christine Paillard a trouvé la solution : le faire revenir dans la vie de sa fille sous la forme d’un fantôme bienveillant. C’est autour de cette ficelle essorée, qui emprunte au cinéma fantastique ou plutôt au conte pour enfants façon Casper le fantôme, qu’est construit Billie Melody.

Cette béquille n’apporte pas grand-chose à un sujet déjà mille fois traité : la douloureuse sortie de l’enfance d’une adolescente mal dans sa peau. C’est peut-être parce que le film se déroule à Nantes qu’il m’a rappelé un film qui s’y déroulait aussi et qui traitait du même sujet, Petite Solange d’Axelle Roppert, sur le divorce d’un couple raconté à hauteur d’enfant.

Billie Melody enchaîne les situations les plus éculées : les disputes entre les parents de Billie, la tendresse de son père qui lui a légué le goût de la musique, l’amitié qu’elle noue avec une voisine, le premier flirt avec un garçon maladroit… Tout le film, mollement tendu, se dirige benoîtement vers une fin attendue et fédératrice. Même Roschdy Zem est mauvais. C’est un comble !

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Bombonera ★☆☆☆

Enzo (Soufiane Guerrab) est un ancien joueur de football qui a mal tourné. Il vit de petites combines, de paris truqués, sur le dos de joueurs qu’il prétend épauler. Dans un tournoi de football de rue, il repère Lisa (Emma Boumali), une talentueuse joueuse de quatorze ans à peine. Il y voit aussitôt un investissement prometteur et va se rapprocher de la mère de l’adolescente (Vimala Pons) pour la persuader de lui confier la carrière de sa fille.

Après un documentaire sur le football de rue tourné en 2016, le réalisateur Syrine Boulanouar traite le même sujet, cette fois-ci sous l’angle de la fiction. Elle multiplie les séquences filmées au ras du bitume qui transcendent la virtuosité des joueurs : dribbles, petits ponts, feintes…

Le problème est que ces séquences deviennent vite répétitives. L’autre problème est qu’elles sont censées venir en appui d’un scénario faiblard qui accumule les poncifs et qui est construit autour de deux enjeux dont on connaît par avance le dénouement : l’équipe de la Hess où Laura a été sélectionnée remportera-t-elle le tournoi ? le pas si méchant Enzo finira-t-il par avouer à Laura et à sa mère son trouble passé ?

Le dernier problème est le choix de la jeune actrice qui interprète Lisa. Certes, Emma Boumali est une bonne actrice débordante d’énergie. Mais c’est une exécrable footballeuse et le chef opérateur ne réussit pas à nous faire croire en son talent.

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Cap Farewell ☆☆☆☆

Pour avoir mouillé dans les trafics de Max son compagnon, Toni (Noée Abita) a été arrêtée et condamnée. À sa sortie de prison, en liberté conditionnelle, elle retrouve sa fille dont sa mère (Pascale Bussières) avait entretemps assuré la garde et son oncle (Olivier Gourmet) qui lui offre un emploi dans son restaurant. Mais le passé et ses mauvaises habitudes ont tôt fait de resurgir.

Nous vient de Belgique ce petit film noir tourné début 2024 qui a mis plus de deux ans à se frayer un chemin jusqu’aux salles belges où il est sorti en avril dernier et aux salles françaises où sa sortie fin juillet, dans une trentaine de salles à peine, le condamnait à l’invisibilité : il a enregistré à peine 2171 entrées au box office.

On peut certes déplorer l’échec de ce « film du milieu », comme les désignait le rapport Bonnell, ces films écartelés entre l’ambition de toucher le grand public et l’exigence artistique. Mais on peut en voir sa cause dans sa médiocrité.

Il n’y a rien de bien original dans ce scénario qui voudrait jouer à la fois sur les codes du film noir et sur ceux de la tragédie familiale intime. Sa réalisatrice invoque The Yards de James Gray ; mais il n’y a rien de commun entre Cap Farewell et les luttes d’influences au sein des mafias russes de New-York sinon peut-être les paysages balayés par les vents des plages de Coney Island et de Breskens en Zélande. Elle invoque également les films d’Andrea Arnold, Fish Tank, American Honey ; mais là encore, la référence est écrasante, le film de Vanja d’Alcantara n’ayant ni l’âme ni la flamme de ceux de la réalisatrice britannique multi-primée.

Le plus triste est qu’Olivier Gourmet, toujours excellent, fait ici pâle figure dans le rôle caricatural d’un chef maffieux. Seule consolation : l’interprétation habitée (!) de Pascale Bussières, une actrice québécoise qui fut si prometteuse dans les 90ies et qu’on n’avait guère vue depuis.

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Soudain ☆☆☆☆

Marie-Lou (Virginie Efira) dirige une maison de retraite en proche banlieue parisienne. Elle s’investit corps et âme dans son travail au risque de s’y épuiser. Elle fait par hasard la connaissance d’une dramaturge japonaise dont la pièce est représentée à Paris. Mari (Tao Okamoto) souffre d’un cancer en phase terminale. Marie-Lou va l’aider à mourir.

Soudain – un titre dont je n’ai pas compris la signification – a été acclamé à Cannes. Il se dit qu’il aurait raté de peu la Palme d’or. Ses deux actrices ont partagé le prix d’interprétation féminine.

Son réalisateur est la nouvelle coqueluche du cinéma japonais. Né en 1978, Ryūsuke Hamaguchi a été découvert grâce à Senses, un film de plus de cinq heures sur les rapports hommes-femmes dans un Japon encore largement patriarcal. Prix du scénario à Cannes, Drive My Car a décroché le Golden Globe et l’Oscar du meilleur film étranger. En 2023 Le mal n’existe pas s’est vu décerner le Grand Prix du jury à la Mostra.

Je n’avais aimé aucun de ces films, pas même Drive My Car qui a reçu pourtant un accueil unanimement enthousiaste (poke Lynn). Je n’ai pas non plus aimé Soudain.

Il est difficile de lui reprocher son thème : la qualité des soins dispensés à nos aînés en maison de retraite est sans doute l’un des sujets les plus brûlants de notre temps. On a en mémoire les scandales qui émaillent l’actualité sur les mauvais traitements infligés dans les établissements Orpéa, sur le manque de moyens, sur les personnels mal formés, sous-payés et trop peu nombreux. Un défi qui s’aggravera avec le vieillissement de la population et les progrès de la médecine. Nous mourrons de plus en plus tard ; mais dans quel état et auprès de qui vieillirons-nous ?

Mais pour brûlant que soit ce thème, était-il nécessaire de le traiter avec autant de mielleuse bienveillance ? Qu’il faille traiter avec « humanitude » (sic) nos aînés, personne n’en disconviendra. Fallait-il en faire un film larmoyant et sans enjeu ? Fallait-il le lester d’une pesante démonstration marxiste sur l’impasse du capitalisme, façon Toni Negri et Giorgio Agamben, tableau blanc à l’appui ? Fallait-il que la démonstration dure plus de trois heures, une durée obèse que rien ne vient justifier ?

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Les Vacances de Golo & Ritchie ☆☆☆☆

Toujours inséparables, Golo, le grand frère souriant et protecteur, aux biscoteaux impressionnants, et Ritchie, autiste à l’humour désarmant, partent en vacances en Camargue.

Les deux amis de la Cité de la Grande Borne à Grigny (91) sont devenus célèbres grâce aux réseaux sociaux : ils ont plus d’un million et demi de followers sur Snapchat, 850.000 sur TikTok, 750.000 sur Instagram. Leur célébrité avait mis la puce à l’oreille à Chi-Fou-mi, la société de production de Hugo Sélignac qui avait demandé à Ahmed Hamidi et à Martin Fougerol de les filmer dans un Marseille-Grigny en tandem. Le film, sobrement intitulé Golo et Ritchie, avait cartonné au box-office en août 2024, dépassant les 400.000 entrées.

Le succès était trop grand pour rester sans suite. Ce second volet sent hélas à plein nez la stratégie marketing : « puisque ça a marché une fois, recommençons ! » Et du succès de ce deuxième/second volet dépendra quasi-mathématiquement le tournage d’un troisième. Hélas, encore hélas….

On avait déjà fait pédaler le duo. Cette fois-ci, on l’envoie en Camargue. Et on lui adjoint un troisième drille, John Café, lui aussi autiste léger. Pourquoi la Camargue ? Pour y retaper un vieux voilier qui sera vendu aux enchères pour financer les vacances des jeunes défavorisés de la Grande Borne ? ou parce que l’office du tourisme du coin a fait à la production un pont d’or, en lui suggérant de mettre en valeur toutes les attractions qu’offre un séjour tout compris chez la torera Marie Sara, l’ex-compagne de Henri Lecomte et du publicitaire Christophe Lambert ? Tout y passe : séance d’aquafitness, initiation à l’équitation, sortie à Aqualand, soirée aux arènes, pèlerinage des Gitans, bird-watching en camouflage (sans doute la scène la plus drôle du film)…

Le résultat dure une heure vingt à peine mais est déjà trop long. Cette accumulation de saynètes ressemble à un long dépliant touristique – qui a certes l’avantage de montrer un éventail de jolies images. On voudrait nous faire rire et nous attendrir. Hélas on ne rit pas souvent. Et quand on rit, c’est avec une certaine gêne pour la part de moquerie qui s’y mêle.

Le film, nous dit Télérama, « fait preuve de pédagogie sur la question de l’autisme ». Il est vrai que l’amitié protectrice de Golo pour Richie, la patience qu’il déploie sont admirables – et auraient justifié qu’on s’y arrête et qu’on l’interroge : d’où lui vient cette empathie ? Mais, pour le surplus (comme on dit au Conseil d’Etat), le regard porté sur l’autisme, les rires que le film veut à tout prix susciter en plaçant Richie et John Café dans des situations propices à les faire naître, m’ont souvent semblé plus malaisants que bienveillants.

La bande-annonce

L’Aventure rêvée ☆☆☆☆

Veska, la soixantaine, est archéologue. Elle travaille à Svilengrad, dans le sud de la Bulgarie, près de la frontière turque, sur un chantier de fouilles. Elle retrouve Said, un vieil ami, dans cette ville où se livrent toutes sortes de trafics et qu’un caïd, Iliya, a mis sous sa coupe.

Si je suis allé voir L’Aventure rêvée, c’est parce que le jury de Cannes lui a décerné son Prix, une sorte de consolation pour le film qui n’a pas décroché la Palme et un gage de qualité (il fut attribué à Sirāt l’an dernier, à Emilia Perez l’année d’avant). D’autant que j’avais particulièrement aimé le précédent film de Valeska Grisebach, une cinéaste allemande rare, Western, sorti fin 2017, qui se déroulait lui aussi dans un coin perdu de la Bulgarie.

Mais j’aurais dû me méfier de sa durée obèse (deux heures quarante quatre) et des mauvaises critiques que j’en ai lues – même si Jacques Mandelbaum dans Le Monde crie au chef d’œuvre ! Je me suis vite perdu dans ce film illisible qui part dans tous les sens, prend des chemins de traverse, fait disparaître son personnage principal avant sa soudaine et inexplicable réapparition. J’ai trouvé bien pataud le jeu des acteurs non-professionnels et ne comprends pas les louanges qu’on tresse à Yana Radeva, l’actrice principale. Je me suis surtout formidablement ennuyé à ce film trop long dont la fin brutale laisse sans réponse les questions qu’il avait soulevées.

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The Fin ☆☆☆☆

L’action de The Fin (en anglais, l’aileron) se déroule dans une Corée dystopique, réunifiée, claquemurée derrière une muraille censée la protéger des agressions extérieures, réduite par la crise climatique et la carence en eau à un état de pauvreté effroyable. Des mutants ichtyoformes, les Omégas, chargés de nettoyer les rivages de leurs déchets toxiques, sont bannis et impitoyablement traqués par la police. L’un d’entre eux réussit pourtant à se glisser en ville pour y retrouver Mia, qui travaille dans un magasin de pêche clandestin. Il lui transmet un lourd secret. Sujin, une nouvelle recrue de la police, est à leurs trousses.

La bande annonce de ce film coréen m’avait mis l’eau à la bouche. Son affiche évoque Blade Runner et Jia Zhang-Ke. pas moins. Hélas, il ne suffit pas d’avoir un scénario incompréhensible pour se revendiquer de Tarkovski.

The Fin est une série B ou Z filmée avec des moyens dérisoires, dont le sujet aurait pu inspirer une super-production hollywoodienne. Hélas, son scénario vraiment trop confus a tôt fait de perdre le spectateur : on passe la première moitié du film à essayer de comprendre qui est qui et la seconde à s’en désintéresser en attendant que cette purge se termine. Et les affèteries d’une photographie prétentieuse (j’aurais dû me méfier de la boule à facettes et des couleurs saturées de l’affiche) achèvent de détruire le capital que ce film raté possédait pourtant.

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Miss Mermaid ☆☆☆☆

La vie n’est pas très gaie pour Fanny (Aloïse Sauvage). Récemment divorcée, elle est retournée vivre chez ses parents. Cette jeune fécampoise tire le diable par la queue. Son travail de nuit dans une poissonnerie industrielle ne lui suffit pas pour rembourser ses dettes. Mais Fanny découvre via Internet un monde qui la fait rêver : le mermaiding.

J’aurais appris grâce à ce film un mot et un monde dont j’ignorais tout. Le mermaiding, la nage artistique en costume de sirène, nous vient des Etats-Unis.

Au départ, Pauline Brunner et Marion Verlé ont eu l’idée de consacrer un documentaire à Alexia Colibert, la « sirène de Fécamp ». Cette personnalité haute en couleurs a ensuite suscité chez les deux jeunes réalisatrices l’idée d’une fiction.

Celle-ci est noyée (c’est le cas de le dire !) de bons sentiments. Tout y est : divorce, surendettement, condition ouvrière… On se croirait dans un film des frères Dardenne passé à la moulinette de Plus belle la vie. Aloïse Sauvage a beau donner de sa personne et mouiller le maillot (sic !), son énergie sacrément communicative, couplée à celles de Thomas VDB en pêcheur grincheux au grand cœur et d’Annie Mercier en Mamie Nova de combat, ne suffisent pas à hisser cette comédie racoleuse au-dessus du tout-venant télévisuel.

Le film fait pschitttt…. ou splash.

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Fils de personne ☆☆☆☆

Que vient faire Thomas (Romain Duris) en Thaïlande avec Mapring, un garçonnet de quatre ans mutique ?

Les ressorts de l’intrigue se dévoilent lentement mais pour certains resteront mystérieux. On comprend rapidement que Mapring est l’orphelin thaï que Thomas et sa compagne ont adopté il y a quelques mois à peine. On comprendra un peu plus tard que Thomas est devenu veuf et qu’il est revenu en Thaïlande pour retrouver la mère biologique de Mapring. Pour lui restituer l’enfant qu’il n’a plus la force d’élever ? Pour comprendre les raisons qu’elle a eues de l’abandonner ?

Fils de personne est la lointaine adaptation d’un film norvégien réalisé en 2017 et resté inédit en France, Hjertestart/Handle with Care. Son héros, employé sur une plate-forme pétrolière, devenu brutalement veuf, repartait en Colombie avec son fils adoptif de six ans à la recherche de ses parents biologiques. Safy Nebbou, réalisateur inégal (Celle que vous croyez, Dans les forêts de Sibérie, L’Empreinte de l’ange…) s’est emparé de cette trame pour réaliser un film qui lui tenait à coeur.

Son problème est peut-être de contenir trop d’affect et pas assez de cinéma. Son seul suspens est divulgâché par son affiche : au terme d’un long périple du nord au sud d’une Thaïlande de carte postale, le fils de personne deviendra le fils de son père, nonobstant les liens du sang. Sa seule morale – « les enfants aussi adoptent leurs parents » – pour touchante qu’elle soit, est trop convenue pour suffire à elle seule à faire tenir debout un film sans enjeu.

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Disclosure Day ★☆☆☆

Les extra-terrestres sont depuis des décennies parmi nous ! Mais le Gouvernement américain, de peur que cette révélation ne destabilise l’humanité, a confié à Wardex et à son directeur (Colin Firth) le soin de garder secrète cette information. Quelques anciens employés de Wardex, entrés dans la clandestinité, œuvrent toutefois à sa divulgation au nom du droit de savoir. Parmi eux, Daniel Kellner (Josh O’Connor), un expert en cybersécurité passé par la prison, et son amie Jane (Eve Hewson révélée dans la série The Knick). Partis de Washington D.C., ils vont rejoindre Margaret Fairchild (Emily Blunt) dans le Missouri. Cette présentatrice météo d’une chaîne TV locale a soudainement développé un don miraculeux qui la voue à devenir la voix de la révélation.

Steven Spielberg est une légende vivante. Depuis un demi-siècle, il a signé quelques-uns des plus grands blockbusters de l’histoire du cinéma et plusieurs de ses chefs d’oeuvre. Avec cinq films dans le Top 100 de l’American Film Institute, il y est le réalisateur le plus cité devant Hitchcock, Kubrick et Wilder :  La Liste de Schindler, E.T., l’extra-terrestre, Les Dents de la mer, Les Aventuriers de l’arche perdue, Il faut sauver le soldat Ryan

Disclosure Day est son trente-septième long métrage. Il s’est entouré de vieux complices : John Williams à la musique (c’est leur trentième collaboration), David Koepp au scénario. Spielberg revient à la S.F., sur les traces de ses films iconiques qui ont défini pour longtemps la grammaire du genre : Rencontres du troisième type, E.T., La Guerre des mondes… Il y soutient une thèse qu’il a toujours défendue : d’autres formes de vie extra-terrestre dans l’univers qui essaient d’entrer en contact avec nous.

Il le fait sans forcer son talent. Spielberg sait y faire. Il sait raconter une histoire et nous tenir en haleine avec une succession bien rodée de scènes d’action et de face-à-face théâtraux. Pourtant l’intrigue réussit à la fois à être cousue de fil blanc et emberlificotée. Son héros est accompagné non pas d’une, comme c’est l’usage, mais de deux partenaires interchangeables (qu’advient-il de Jane après la scène du motel ?). L’histoire culmine dans une scène ridicule où sont convoqués les traumas enfouis de Margaret Fairchild (la bien-nommée !) qui rappelle autant Narnia que les contes de Grimm. Certes, on ne regarde pas sa montre ; mais on n’est jamais ému ni a fortiori transporté comme on est censé l’être et comme on l’aurait tant aimé.

Ce qui m’a le plus gêné, c’est le vieux fond complotiste sur lequel Disclosure Day prospère. L’idée sur laquelle repose le film est la suivante : on nous cache des choses. Conspiracy Watch a raison de le dénoncer : « Les nationaux-populistes du monde entier ont fait du « on vous ment » leur fonds de commerce : contre les juges, contre la presse, contre la science du climat, contre les élections quand ils les perdent. Un public convaincu qu’on lui dissimule l’existence des soucoupes volantes est un public déjà à moitié acquis à l’idée qu’on lui dissimule le reste. »

Certes, de nombreux films, et non des moindres, sont construits autour d’un complot et de sa révélation. C’est d’ailleurs un des ressorts cinématographiques les plus efficaces. Mais, on a devant Disclosure Day l’impression malaisante que Spielberg ne se borne pas à utiliser un ressort simplement, mais qu’il défend une thèse dont il est convaincu : la vérité existe et on nous la cache. Comme Mel Gibson dans La Passion du Christ ou Leni Riefenstahl dans Le Triomphe de la volonté.

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