Shlomi a dix-huit ans et accomplit son service militaire. Sans l’avoir vraiment prémédité, il déserte l’unité combattante dans laquelle il est engagé à Gaza pour revenir à Tel Aviv y dire adieu à sa copine qui émigre au Canada le lendemain.
Depuis les attaques du Hamas du 7 octobre et la guerre totale déclenchée à Gaza, ce film israélien, tourné par un jeune réalisateur qui ne cache rien de son hostilité viscérale à la politique menée par Benjamin Nétanyahou, prend un relief particulier.
Il témoigne d’abord de l’extraordinaire liberté d’expression qui prévaut en Israël : quel régime accepterait, en pleine guerre, un film dont le héros serait un déserteur ?
Il témoigne surtout d’une jeunesse prise en otage par une spirale guerrière qu’elle ne veut pas. Shlomi, incroyablement habité par le jeune acteur Ido Tako, n’est pas un militant pacifiste. C’est juste un fils, attaché à ses parents et à sa grand-mère, menacée par Alzheimer. C’est juste un gamin, amoureux de sa petite amie avec la folle déraison qui caractérise les gamins de cet âge. Il y a quelques pans cachés dans sa personnalité : il ne nourrit aucun projet professionnel, on ne lui voit pas d’amis. Ce personnage m’a déconcerté : il n’est pas tout entier défini par un trait de caractère comme le sont habituellement les héros hollywoodiens.
Le film, assez déroutant, repose sur un motif à la fois tragique et burlesque : Tsahal, persuadé que Shlomi a été kidnappé par le Hamas, lance une offensive de grande ampleur à Gaza pour le libérer. Aussi Shlomi se retrouve-t-il face à un dilemme : continuer à se cacher et laisser les combats faire rage ou se rendre et être sévèrement puni. J’ai eu peur un instant que le scénario faute de savoir se dépêtrer de cette alternative nous laisse en plan ; mais j’ai beaucoup aimé la manière astucieuse dont il s’en sort.
En 2012, le commissaire européen à la santé, le Maltais John Dalli (Bernard Campan), démissionne de son poste suite à la publication d’un rapport de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) l’accusant de trafic d’influence. Suspectant un coup fourré de l’industrie du tabac, l’eurodéputé José Bové (Bouli Lanners), aidé de son assistant parlementaire (Thomas Vdb) et d’une jeune stagiaire débrouillarde (Céleste Brunnquell) va mener l’enquête et révéler que Dalli, qui s’apprêtait à faire voter une directive imposant le paquet de tabac neutre, a été victime d’un piège.
Guru a vingt-cinq ans. Tanguy malgré lui, il est coincé dans la maison familiale, entre son père, sa mère et sa tante – dont son père a fait sa seconde épouse au grand dam de la première. Il aimerait pouvoir gagner un peu d’indépendance en s’installant sur la terrasse ; mais une cousine l’a déjà préemptée qui souhaite en faire son cabinet dentaire. La seule solution pour Guru : se marier. Mais avec qui ?
Une botaniste s’est installée seule dans une île déserte pour y observer des plantes rares. Nous sommes au large de la Cornouaille, en avril 1973. Rien ne vient troubler la morne répétition des jours. Mais ce train-train quotidien se dérègle mystérieusement.
Une petite cabane isolée au cœur de la forêt, au bord d’un lac minuscule. C’est un sauna à fumée au fin fond de l’Estonie. Les femmes s’y retrouvent, hiver comme été, à l’abri du regard des hommes. Elles s’y lavent, s’y soignent, s’y détendent. Elles y parlent aussi.
André Masson (Alex Lutz) est un brillant commissaire-priseur employé par une des plus prestigieuses sociétés de vente aux enchères, Scottie’s – allusion transparente à Christie’s. Une avocate de province (Nora Hamzawi) le contacte. Le nouveau propriétaire d’un modeste pavillon de la banlieue de Mulhouse y a découvert une toile. S’agit-il d’un faux ou de Tournesols fanés de Schiele peint en 1914 et spolié en 1939 ? André Masson et son ex-femme (Léa Drucker) font le déplacement en Alsace pour en avoir le cœur net.
C’est l’été dans le Nordeste brésilien à la fin des années 90. Tamara, qui bientôt partira à Brasilia suivre des études d’architecture, et son frère aîné Vitinho traînent avec une bande d’adolescents de leur âge au bord de la plage. Une autre adolescente gravite en marge du groupe, d’un milieu modeste, qui circule à vélo et vend le poisson pêché par son père. Une cicatrice lui barre le thorax. La rumeur l’a surnommée « sans cœur ».
Le réalisateur Karim Aïnouz (Madame Sata,
Makenzy, quinze ans, et Purdey, de deux ans son aînée, sont frère et sœur. Laissés à eux-mêmes par une mère alcoolique, dans une maison qui tombe lentement en ruines, ils n’ont d’autre alternative que de s’assumer. Makenzy s’est acoquiné avec un autre adolescent de son âge, Donovan, et commet avec lui de menus larcins. Purdey a trouvé un job d’été dans une résidence hôtelière et rêve d’indépendance à l’approche de sa majorité.
Gunnar a passé toute sa vie dans sa ferme, héritée de son père et de son grand-père. Il y a vécu seul, sans femme, avec la seule compagnie de ses chevaux. Quand l’État l’en exproprie pour la construction d’un barrage, il reçoit un gros pécule dont il ne sait que faire. Contraint de se réinstaller en ville, il s’habitue mal à son nouvel environnement. C’est là qu’il fait la connaissance du fils de ses voisins, Ari, un rouquin haut comme trois pommes.