De cendres et de braises ☆☆☆☆

Chercheuse en sciences sociales, Manon Ott a décidé de poser sa caméra aux Mureaux. Cette ville des Yvelines a accueilli dans les années soixante les populations immigrées employées à la chaîne dans les usines Renault à Flins. Elle présente la triste litanie des pathologies urbaines de la banlieue parisienne : chômage, ghettoïsation, stigmatisation culturelle…

On ne pouvait a priori qu’être intéressé par le projet de recherche de Manon Ott. Radiographer une banlieue, interroger son passé à partir de documents d’archives (le documentaire Oser lutter, Oser vaincre de Jean-Pierre Thorn tourné en 1968 durant l’occupation de l’usine), confronter le poids des luttes historiques avec la réalité du temps présent (Flins a employé jusqu’à 23 000 ouvriers dans les années 1970 mais n’en compte plus que 4 000 aujourd’hui) : le projet était séduisant.

Mais le résultat est une amère déception. Il ne s’agit pas de remettre en cause la sincérité de la démarche de la réalisatrice. Elle a voulu rompre avec les cadres du documentaire, se tenir à distance de tout discours explicatif, rechercher une autre forme de décrire une réalité sociale. Elle a pris le parti de la poésie, en utilisant le noir et blanc, une bande musicale jazzy, des décors souvent nocturnes.

De cendres et de braises a beau durer une heure treize seulement, on s’y ennuie vite à poings fermés.

La bande-annonce

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