Les Affamés ★☆☆☆

La campagne québécoise est dévastée par des hordes de zombies. Quelques survivants tentent tant bien que mal de les éviter : Bonin (Marc-Antoine Grondin), Tania (Mona Chokri), Zoé, la gamine qu’ils recueillent, Pauline et Thérèse, deux femmes d’âge mur qui les abritent un temps dans leur maison, Céline (Brigitte Poupart), que la mort de son enfant a durcie à jamais, Réal, un vendeur d’assurances mordu mais pas encore contaminé et Ti-Cul, l’ado qui l’accompagne fidèlement….

Si La Nuit des morts-vivants (1968) de George Romero constitue l’œuvre la plus emblématique du genre, le film de zombies est presqu’aussi vieux que le cinéma. Il connaît son âge d’or dans les années soixante-dix, traverse dans les années quatre-vingt-dix une décennie d’oubli avant de revenir à la mode depuis une vingtaine d’années. 28 jours plus tard (2002) et sa première demi-heure d’anthologie lui redonnent ses lettres de noblesse. L’hilarant Shawn of the Dead (2004) crée un sous-genre : la comédie de zombies. World War Z (2013) est le premier blockbuster à leur ouvrir ses portes. À partir de 2010, la série Walking Dead tient en haleine des téléspectateurs, petits ou grands, en mal d’émotions fortes.

Tabarnak d’ostie d’crisse de calisse ! Les Affamés est une nouvelle déclinaison de ce genre désormais bien balisé. Il n’a guère d’originalité, sinon l’accent à couper au couteau de ses personnages qui rend indispensable le secours des sous-titres. Il a remporté un grand succès au Québec, raflant pas moins de sept Iris, l’équivalent des Césars, dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur et du « film s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec » (sic). Pour autant, il n’est jamais sorti en salles en Europe où Netflix le diffuse depuis mars 2018.

Ce succès laisse rêveur. Car, à regarder Les Affamés, la déception est grande. On n’y trouve rien qui justifie une telle moisson de récompenses. Le scénario voit s’enchaîner, sans originalité, quelques rebondissements attendus. Les personnages incarnent les différentes facettes de la résilience dans une atmosphère estivale et champêtre, aux antipodes de l’image qu’on se fait de la Belle province sous la neige. Grosse déception.

La bande-annonce

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